Fillon veut encore y croire !

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Les derniers sondages le donnent en baisse, mais Fillon veut encore y croire…

Oui, Fillon recule dangereusement à 17 ou 18% d’intentions de vote, distancé par Macron et surtout par Marine Le Pen. Et pourtant, l’homme a la foi chevillée au corps, persuadé que rien n’est joué ; que tout se décidera dans les quinze derniers jours avant le vote, tellement cette campagne est lourde d’incertitudes. Comme pour la primaire de la droite.
Quand on l’interroge, il répond : "ce sera moi, ou le chaos", c’est-à-dire Marine Le Pen. Et il parie sur la lucidité des Français pour comprendre qu’il est le seul candidat "sérieux" à pouvoir la battre.
Car, selon lui, Marine Le Pen ne ferait qu’une bouchée de Macron.

Battre Macron, c’est donc l’objectif, pour lui, l’adversaire à écarter pour arriver en finale ?

Il a beaucoup trop tardé à réagir au début de son affaire, et il le reconnaît.
Depuis lundi, il pense enfin avoir réussi à ressouder son parti autour de lui.
Il lui faut maintenant relancer sa campagne. Mais ce n’est pas simple d’être audible et serein quand on est entre les mains de la justice.
Sa tactique devrait donc consister à mettre le paquet sur les sujets sécuritaires comme la lutte contre le terrorisme islamique et à arrondir les angles sur les sujets économiques.
Avec le secret espoir que Macron apparaisse un peu léger, sans idées, et pas aussi blanc comme neige qu’on veut bien le dire. Cela refroidirait l’électorat de droite tenté par l’aventure et rehausserait non pas son image, à lui Fillon, abîmée par son affaire, mais sa stature d’homme solide, d’homme d’État, seul capable de diriger la France dans la tempête mondiale.

Comme si, dans la tête de Fillon, l’impopularité n’empêchait pas d’être jugé compétent. C’est son pari !

Et si Bayrou se présente ?

Il en écarte le danger d’un revers de main, comme si la voix de Bayrou était usée, discréditée, estimant aussi que Bayrou nuirait plus à Macron qu’à lui-même.