Fillon peut-il se coucher devant Fenech puis se dresser face à Trump ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Fillon peut-il se coucher devant Fenech puis se dresser face à Trump ?

Oui, elle pourrait laisser des traces indélébiles cette image de Fillon bousculé par les frondeurs de la droite réunis derrière Georges Fenech, qui lui demandent de renoncer à la présidentielle. Cette image, s’ajoutant aux soupçons sur son affaire, atteint bien sûr l’autorité de Fillon. Ce qui pourrait lui compliquer la vie s’il était quand même élu président de la République.
D’abord, Fillon aurait beaucoup de difficulté à faire passer ses réformes et à demander des efforts aux Français.
Ensuite, quel serait son crédit à l’étranger ? Il semblerait qu’Angela Merkel, qui l’a reçu à Berlin juste avant l’affaire, torde déjà le nez. Si Fillon se laisse bousculer par Fenech, pourra -t-il encore se dresser face à Trump ? On connaît Trump et son "humour " ravageur.

Pour Fillon, il est donc urgent que son camp se rassemble ?

Si la droite ne se ressaisit pas, ne se remet pas en ordre de marche, elle court à la catastrophe. Donc :
Soit la troupe des parlementaires fait bloc et tente de retourner l’opinion en la persuadant que Fillon est la victime d’un odieux acharnement. C’est possible aussi longtemps que les sondages ne signalent pas un effondrement du candidat de la droite. Et c’est encore le cas : il est au coude à coude avec Macron.
Soit le désordre persiste à droite avec ceux qui réclament un plan B, avec ceux qui rechignent à accueillir ses meetings, comme bientôt à Limoges et Clermont-Ferrand, et la déroute est assurée.
Pour Fillon, alors sûr de tomber au premier tour ; puis pour les députés de droite sortants, dont peu retrouveront leur siège aux législatives.
Ce sera la zizanie, la déroute et le déshonneur.

C’est donc maintenant que tout se joue ?

Oui, c’est quitte ou double. Si le silence ne revient pas vite dans les rangs. Et c’est dans ce but que Fillon a demandé à Sarkozy de déjeuner avec lui aujourd’hui. Pour la droite, les carottes seront définitivement et durablement cuites avec ou sans plan B.
Ou ils gagnent tous ensemble, ou ils perdent tous ensemble.