Fillon ne veut pas faire les frais des ambitions des sarkozystes

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Fillon ne veut pas faire les frais des ambitions des sarkozystes.

Sale période pour François Fillon. Non seulement, il baisse dans les sondages et doit résister au chantage des centristes qui lui réclament des circonscriptions pour les législatives, mais il doit, en plus, se coltiner les attaques frontales des sarkozystes.
De Wauquiez, Estrosi et quelques autres qui répètent haut et fort que son projet ne peut pas être que "du sang et des larmes" et qu’il doit être "enrichi", sous-entendu : il est insuffisant. Tous sur le mode : et la sociale ! On croirait entendre des gauchistes.
Les sondages montrent, il est vrai, que Fillon faiblit dans les classes populaires. Mais il y a dans ces assauts l’expression d’une amertume certaine après la défaite de Sarkozy à la primaire et le sentiment d’être négligés par Fillon dans la distribution des rôles pour la campagne présidentielle. Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet ont été mieux traités.

Que demandent ces frondeurs à Fillon ?

De la considération et des postes. Mais derrière cette fronde, se cache surtout la guéguerre que se livrent entre eux certains orphelins - pas tous - de Sarkozy. Ces ambitieux ont les dents longues. Ils se disent qu’il y a un coup à jouer pour être celui qui incarnera à l’avenir l’héritage de l’ex président de la République. C’est donc à celui qui se montrera le plus convaincant, le plus rusé.
Ce petit jeu en vaut-il la chandelle ? Sarkozy restera comme l’homme de la droite dure et, sur ce créneau, Fillon leur apparaît comme encore plus dur. Alors où est leur logique ? Misent-ils sur la défaite de Fillon pour préparer l’après ?
Fillon n’est pas dupe et, conscient qu’il faut arrêter la machine à perdre, s’emploie déjà à les remettre à leur place. "Je trace ma route", a-t-il répété hier à Cannes.

Et que dit Sarkozy en coulisses ?

On le dit très énervé par le mauvais traitement réservé, selon lui, à ses amis. Il ruminerait aussi sa défaite, toujours pas digéré. Les choses vont peut-être s’arranger aujourd’hui puisque Fillon et Sarkozy déjeunent ensemble. Sarkozy va-t-il se montrer collaboratif avec celui qu’il prenait pour son collaborateur ? C’est en tout cas la preuve que l’ex chef de l’État n’a pas dit son dernier mot.