Fillon : le peuple de droite contre les ténors de son parti

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Fillon joue le peuple de droite contre les ténors de son parti.

Le légitimiste, c’est lui, Fillon, élu par des millions de voix à la primaire, et les factieux, ce sont eux, les ténors des Républicains qui veulent aujourd’hui sa tête, fomenter un coup d’Etat pour le débarquer. Tel est maintenant la défense de Fillon. Sa dernière cartouche tirée hier depuis le Trocadéro, à Paris.
Une défense conforme à sa campagne électorale qui oppose le peuple aux élites.
"La France des paysans, des cathédrales, des châteaux et des sans culottes", comme il dit, contre la France du système, déracinée, du tout-Paris.
Mais ses ennemis, cette fois, ne sont plus les médias et les juges, ce sont ses propres amis politiques entre guillemets, ces traitres qui quittent le navire et qui veulent voler les électeurs de la primaire. "Nous autres Français, a- t-il lancé hier, n’en pouvons plus de vos carrières, de vos calculs et de vos histoires".

Cette ligne de défense annonce-t-elle un retrait possible ?

On peut l’interpréter ainsi. Fillon a eu beaucoup de phrases, hier, qui mettent les dirigeants de son parti devant leurs responsabilités, qui les invitent à un examen de conscience : "Laisserez-vous les passions du moment prendre le dessus sur l’intérêt national, les intérêts de faction l’emporter sur un projet adopté par plusieurs millions d’électeurs ?".
En les mettant en garde, Fillon leur met la pression, les avertit des risques qu’ils prendraient pour le peuple de droite qui, selon lui, ne leur pardonnerait jamais.
Fillon semble anticiper le comité politique qui doit avoir lieu chez Les Républicains ce soir. Si cette réunion débouchait sur sa mise à l’écart, il pourrait s’y soumettre, mais ce choix ne serait pas le sien. Autrement dit, lui Fillon a peut-être fait des erreurs, mais eux commettraient une faute irréparable.

Si Juppé le remplaçait, aurait-il plus de chances que Fillon à la présidentielle ?

Un sondage du Figaro le montre ce matin, qui le donne qualifié pour le second tour, contrairement à Fillon. Mais attendons de voir Juppé à l’œuvre s’il le remplaçait. Ce qui est sûr, c’est que Marine Le Pen profiterait pleinement de ce coup de théâtre et que le parti Les Républicains serait menacé d’explosion.