Et si c’était Fillon ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Alors qu'il a démarré sa campagne il y a trois ans, François Fillon finit en trombe dans les sondages notamment grâce à ses prestations réussies lors des deux premiers débats.

Surprise, et si c’était Fillon le vainqueur de la primaire ?

La question peut se poser tellement l’ex Premier ministre finit en trombe dans les sondages.
Sondages d’une fiabilité certes relative car on ne sait pas combien de Français voteront.
Fillon reste troisième, mais se rapproche de Sarkozy à grande vitesse, à six jours du 1er tour.
Il en a mis du temps à décoller alors qu’il était parti le premier en campagne, il y a trois ans !
Mais, c’est vrai que Fillon, le Sarthois, le fan des 24 heures du Mans, aime les courses d’endurance. Beaucoup de ses soutiens l’ont lâché, comme Valérie Pécresse dernièrement, mais il ne s’est jamais découragé et a toujours dit : "Je serai au deuxième tour".
Il l’a encore répété dans une interview au Journal du dimanche, hier.

Pourquoi cette subite et rapide progression ?

Ses dernières prestations télévisées, sur France 2 et les deux premiers débats, l’ont mis en lumière. Il incarne le sérieux et la précision, là où Juppé paraît ennuyeux et en retrait, Sarkozy, inconstant, et Le Maire, décevant. Lui, Fillon, n’a pas changé de ligne de conduite depuis trois ans, et il profite, dans la dernière ligne droite, de la baisse de régime ou des approximations de ses principaux rivaux.
Dans le détail des sondages, on observe qu’il prend surtout des voix à Juppé et un peu à Le Maire. Mais c’est Sarkozy, stable dans les sondages, qui en fait les frais dans le sprint pour la deuxième place.

Si Fillon gagne la primaire, peut-il gagner la présidentielle ?

Le paradoxe, c’est qu’il peut gagner la primaire contre Juppé ou Sarkozy, car il plaît à l’électorat de droite et du centre. Peut-être même est-ce celui qui le rassure le plus. Mais, pour la présidentielle, il est tellement catalogué à droite, comme Sarkozy, et a une image tellement libérale qu’il aurait du mal, contrairement à Juppé, à élargir sa base électorale.
Quoi qu’il en soit, pour le moment, dimanche soir, on saura si Fillon avait raison d’y croire.