Emmanuel Macron n'a besoin de personne

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

D’après Yves Thréard, Macron n’a besoin de personne.

La rumeur va bon train : mais quand Ségolène Royal, qui a souvent des mots agréables pour lui, va-t-elle déclarer sa flamme à Emmanuel Macron ? Elle l’a encore dit hier, au micro d’Europe 1, le jeune homme lui rappelle tellement sa campagne, à elle, en 2007.
Et Hollande ? Pareil, une rumeur dit qu’il pourrait être tenté, au bout du bout, de prendre parti pour Macron. Déjà, l’ami et visiteur du soir de Hollande à l’Élysée, Robert Zarader, est derrière lui.
Le soutien de Royal ? Mais chez Macron, on redoute le jour où ça arrivera. Car Royal est imprévisible : elle peut avoir d’excellentes intuitions mais aussi déclarer que Fidel Castro était tout sauf un dictateur, ce qui vous plombe une campagne. Et puis, la magie Royal exerce-t-elle encore ? Évidemment non.
Quant à Hollande, il est tellement impopulaire que son soutien pourrait devenir un boulet…

Macron va pourtant avoir besoin de poids lourds pour continuer sa campagne ?

D’un côté, si Macron veut continuer à incarner autre chose que la politique traditionnelle, à se réclamer de l’anti système, même s’il en est le produit, à symboliser le renouvellement, il n’a pas du tout intérêt à s’entourer de personnalités qui représentent le passé, la connivence des élites, l’échec de 40 ans de politique sur le chômage, l’intégration et l’école.
D’un autre côté, Macron a besoin de relais forts sur le terrain, pour se faire connaître et faire la pédagogie de ses idées. Ce maillage territorial, il commence à l’avoir grâce à des élus de gauche et de droite - surtout du centre - qui ne sont pas des "stars" nationalement.
En fait, la force de Macron aujourd’hui tient plus dans ses soutiens parmi les patrons de la nouvelle économie, les jeunes entrepreneurs ubérisés des quartiers et tous ceux qui veulent que les têtes changent. Et il y en a beaucoup, y compris chez les retraités, plus nombreux qu’on ne pourrait le penser.

Très bien, mais s’il devient président de la République, avec qui gouvernera-t-il ?

Bonne question, qui se pose aussi pour Marine Le Pen.
On en reparlera, mais si la primaire du PS n’est pas un succès ou qu’elle signe la victoire des plus à gauche, Montebourg ou Hamon, les ralliements risquent de s’accélérer. C’est déjà le cas à droite avec des Juppéistes qui ne veulent pas suivre Fillon.