Emmanuel Macron face au défi terroriste

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Emmanuel Macron veut créer une task-force anti Daech à l’Elysée, opérationnelle 24 heures sur 24 et composée de 50 à 100 personnes.

Le regard d'Yves Thréard. Bonjour Yves. Après l’attentat de Manchester, Macron face au défi du terrorisme

Après l’attaque du Bataclan en 2015, Macron avait dit dans une interview que la société française portait "une part de responsabilité" dans la radicalisation des terroristes. Une excuse sociologique qui était mal passée. Pendant la campagne électorale, ses adversaires l’ont donc taxé de dangereux laxiste.
Caricature qu’il a voulu à tout prix gommer. Ce n’est pas juste pour la galerie que Macron s’est présenté en chef des armées le jour de son investiture et qu’il a très vite rendu visite aux soldats français en guerre contre les islamistes au Mali.
Toutefois - et c’est le hasard -, Macron arrive à l’Elysée au moment où quatre grands patrons de la sécurité nationale quittent leur fonction : ceux de la sécurité extérieure, de la sécurité intérieure, du renseignement à la préfecture de police de Paris, et du renseignement militaire. Ces quatre hommes connaissaient les rouages de la pieuvre islamiste et possédaient la mémoire des réseaux ennemis.

Comment Macron veut-il combattre le terrorisme ?

Sa grande idée, c’est de créer une task-force anti Daech à l’Elysée, opérationnelle 24 heures sur 24 et composée de 50 à 100 personnes. Objectif : réduire les cloisonnements entre les services de renseignements et les divers ministères (Intérieur, Défense, Transports, Santé, Industrie...) impliqués dans la lutte contre le terrorisme.
Il veut aussi recruter 10.000 policiers et renforcer, comme il l’a dit hier, la coopération européenne. Pas simple car elle risque de souffrir du Brexit alors que les renseignements britanniques sont parmi les meilleurs au monde.
Macron peut compter enfin sur son ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui comme maire de Lyon avait décrété la tolérance zéro. Or on sait que le terrorisme islamique prend souvent sa source dans la petite délinquance.

Va-t-il maintenir l’état d’urgence ?

Il l’a affirmé récemment. Mais l’état d’urgence est davantage aujourd’hui un outil de communication politique qu’une solution au terrorisme. Donc le lever quand la menace est forte serait incompris et très impopulaire.