Ce que Macron a appris de Sarkozy et Hollande

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Alors qu'Emmanuel Macron impressionne sur la scène internationale, Yves Thréard nous livre son analyse politique.

Ce que Macron a appris de Sarkozy et Hollande.

"Ce type est incroyable", "Macron, c’est moi en mieux". Rapporté hier par Le Canard enchaîné, ce compliment de Sarkozy a l’accent de la sincérité quand on connaît l’ancien président. Car Sarkozy est aussi "cash" et direct que Macron est étudié et réfléchi.
Le nouveau chef de l’État a évidemment eu le temps de décortiquer toutes les erreurs et fautes de ses deux prédécesseurs. La première que Sarkozy et Hollande aient commise, c’est évidemment d’avoir désacralisé la fonction en voulant se mêler de tout. Macron a compris qu’il fallait renouer avec la geste monarchique pour incarner l’autorité. Surtout à son jeune âge. Pas question d’être un président-copain comme les deux autres.

En quoi les débuts de Macron se distinguent de ceux de Sarkozy et Hollande ?

Hollande a été d’emblée un président indécis et lent. On se souvient de ses quinze jours de vacances au Fort de Brégançon en 2012. Séjour fatal. Alors que tous les clignotants de l’économie passaient au rouge, il était photographié en short sur la plage. La rentrée fut terrible et jamais Hollande n’a pu se redresser.
Sarkozy, lui, était effervescent et brouillon. Il croyait en la théorie des 100 jours : dans les trois premiers mois, on lance vite les réformes pour imprimer sa marque et étouffer ses contradicteurs. Mais Sarkozy s’est tellement précipité dans tous les sens qu’il a été accusé de bougisme. A cela, se sont ajoutés ses problèmes de couple, ses relations avec Kadhafi. C’en était fini : Sarkozy l’impétueux était catalogué. Début 2008, sa cote de popularité commençait à retomber.
Macron a beau avoir travaillé avec Hollande, c’est à Sarkozy qu’il ressemble le plus. Il va vite, mais lui écoute, il est habile et méthodique. Tout est balisé.

Et en plus, il pourrait avoir une majorité très supérieure à ses prédécesseurs aux législatives.

Très large, mais tellement composite et inexpérimentée que, dans l’adversité, il devra s’en méfier. Gare aux frondeurs. Là-dessus, Hollande pourrait le conseiller.