Ce jour de discours de politique générale où la droite a explosé

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Contre toute attente, Les Républicains "canal historique" n’ont pas majoritairement refusé sa confiance à Edouard Philippe.

Le regard d'Yves Thréard. Bonjour Yves. Les Républicains dans le piège de Macron et Philippe

Seraient-ils, eux aussi, touchés par le syndrome de la bienveillance ! Contre toute attente, le plus gros groupe d’opposition au gouvernement n’a pas majoritairement refusé sa confiance à Edouard Philippe, hier après le discours de politique générale du premier ministre. Sur les 99 députés Les Républicains canal dit "historique", 75 se sont abstenus dont Christian Jacob, le président du groupe, et le très sévère Eric Woerth. Ils ne semblaient pourtant pas, l’un comme l’autre, des mieux disposés depuis un mois. Le député de Mayotte, lui, a même voté la confiance ! Rien ne dit que ça dure car l’avenir est pavé d’obstacles pour le gouvernement, mais la ligne d’une opposition franche, intransigeante, incarnée par Laurent Wauquiez et Eric Ciotti, n’apparaît peut-être pas comme une évidence. Le congrès refondateur des Républicains, prévu pour la fin de l’année, s’annonce donc passionnant et peut-être même plein de rebondissements.

Cette majorité de Républicains qui s’est abstenue est donc gênée aux entournures.

Bien sûr, même si Christian Jacob dénonce le recours aux ordonnances pour réformer le Code du travail. Comme le lui a répondu Edouard Philippe, "les ordonnances ont toujours été assumées par la famille gaulliste". La vérité, c’est que nombre des mesures égrenées hier par le premier ministre, la droite pourrait les faire siennes : la baisse de l’impôt sur les sociétés de 33 à 25%, celle des prélèvements obligatoires de 20 milliards d’euros, celle de la dépense publique de trois points, les annonces en faveur de la famille, du handicap, de la justice, etc., etc. Ces réformes, la droite ne les a pas faites, ou si peu. Même pas celles de l’ISF ou du travail. Alors, aujourd’hui, ses angles d’attaque sont restreints. Les Républicains canal historique enfourchent quelques chevaux de bataille - sur la hausse de la CSG, la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages -, mais ils sont difficilement audibles

Si Macron réussit, les Républicains vont avoir du mal à refaire surface

Ce sera long, sauf si Macron et Philippe ne respectent pas leurs promesses ou se perdent en conjectures. Mais, dans ce cas, il n’est pas sûr que ce soient les Républicains qui en profitent le plus.