Benoît Hamon en tête : quelles conséquences pour la droite ?

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

Benoît Hamon arrive donc en tête du premier tour de cette primaire du PS. Quelles sont les conséquences pour la droite ?

Bien sûr, Hamon n’a pas encore gagné, mais il est quand même le mieux placé pour représenter le PS à la présidentielle.
Pour la droite et Fillon, ce n’est pas le meilleur des scénarios, loin s’en faut. D’abord, parce que Hamon, c’est l’incarnation d’un socialisme très affirmé.
Valls vainqueur dimanche prochain dérangerait Macron alors que Hamon victorieux ne ferait pas les affaires de Fillon. Cela libèrerait un grand espace au centre gauche que Macron s’empresserait d’occuper et qui renforcerait son potentiel électoral face à Fillon.
Ensuite, parce que, pour Fillon, il serait plus difficile de faire porter l’échec du quinquennat de Hollande sur les épaules de Hamon, passé chez les frondeurs, que sur celles de Valls, qui a été premier ministre.

Fillon n’a donc aucune raison de se frotter les mains ?

Certainement pas. Le menace Macron risque de grossir de jour en jour avec l’arrivée en masse, ces prochaines semaines, d’électeurs de sensibilité sociale-démocrate ou sociale-libérale derrière le jeune homme d’En Marche !
Si Hamon gagne, on voit même mal Hollande et Valls appeler à voter pour Hamon alors qu’il leur a pourri la vie pendant toute la seconde moitié du quinquennat et qu’ils sont en désaccord sur presque tout. Valls l’a dit hier soir : Hamon, ce serait la "défaite assurée" à la présidentielle.
Cela dit, il n’est pas évident que ces ralliements soient tous bénéfiques pour Macron. Et c’est là où Fillon aurait une carte à jouer en disant que Hollande, Valls et Macron, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

Mélenchon, Hamon, Macron, une gauche fracturée en trois, rarement la droite a eu cette chance ?

C’est vrai, mais Macron, on le voit, mord beaucoup sur l’électorat du centre. Or, la droite n’a jamais gagné sans le renfort du centre. Et ça, Fillon le sait. À bon entendeur…