À gauche comme à droite, les députés sont perdus !

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

À gauche et à droite, les députés sont perdus !

Oui, avant la présidentielle, c’était hier la dernière séance des questions au gouvernement en présence du premier ministre, qui sera en Chine la semaine prochaine. Et peut-être la dernière séance de très, très nombreux députés qui ne sont pas sûrs du tout de retrouver leur siège aux législatives en juin.
A droite comme à gauche, beaucoup pensent être emportés par le tsunami de "dégagisme" qui déferle sur le paysage politique français, par le désir de renouvellement des électeurs.
La plupart des 577 députés sortants sont paumés et se demandent bien à quelle branche se raccrocher.

Et c’est vrai à gauche comme à droite ?

À droite, ils s’attendaient à une vague bleue, à rependre la majorité.
Maintenant, ils font les frais du PénéloGate et pensent se retrouver à quelques dizaines de députés Républicains seulement dans l’Hémicycle si Fillon ne passe même pas le premier tour de la présidentielle. Sur les marchés de leur circonscription, ils font campagne avec leurs propres slogans et évitent de se réclamer de Fillon et de leur parti à Paris.
Au PS, les députés ne s’attendaient pas à garder la majorité. Mais leur dilemme à eux est de savoir s’ils doivent se dire pro Hamon ou pro Macron pour sauver leur peau.
Beaucoup ne partagent pas les idées de Hamon, doutent de ses chances et ne lui trouvent pas une carrure de président de la République. Quitter le PS pour rejoindre Macron n’est pas plus une garantie de succès. Macron est très jeune, son programme tarde à venir et puis il peut s’écrouler.

C’est au Front national qu’on doit se frotter les mains ?

Il est certain que le FN n’aura pas que deux députés comme aujourd’hui, mais plusieurs dizaines. Et on vous laisse imaginer la révolution si Marine Le Pen est élue présidente, hypothèse que plus personne n’écarte aujourd’hui. La question sera alors de savoir si, aux législatives, les Français lui donneront une majorité (une majorité bleu marine) pour gouverner à l’Assemblée nationale.