À deux jours des législatives, c’est sauve-qui-peut dans tous les partis !

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
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À 48 heures du premier tour des élections législatives, Yves Thréard nous livre son analyse politique.

À deux jours des législatives, c’est sauve-qui-peut dans tous les partis !

Exceptés les candidats de Macron, qui marchent sur l’eau vers une victoire annoncée écrasante, partout ailleurs, c’est la désolation et la consternation. De la gauche extrême à la droite extrême en passant par Les Républicains et le PS, l’opération survie est enclenchée pour sauver les meubles.
Mais comme tous les repères ont sauté, plus personne ne sait à quel saint se vouer. Depuis la présidentielle, les logiciels ont explosé. Le FN ne sait plus s’il doit être europhobe, la France insoumise et Mélenchon s’ils doivent être pour un monde pacifié ou la lutte des classes, les Républicains, s’ils doivent être libéraux ou conservateurs, les socialistes, s’ils doivent encore s’appeler socialistes. Cette campagne a été celle de l’inconstance, voire de l’indécence.

Donnez-nous des exemples concrets ?

Inconstant, Alain Juppé. Mardi matin, il va soutenir dans les Yvelines une candidate de la République en marche face au LR Jean-Frédéric Poisson et l’après-midi, il vole au secours de Nathalie Kosciusko-Morizet, investie par les Républicains à Paris.
Indécent, Gérald Darmanin, nouveau ministre, qui va soutenir le week-end dernier à Nice l’adversaire macroniste d’Eric Ciotti, son camarade des Républicains il y a encore trois semaines.
Inconstant, Frédéric Lefebvre, député sortant des Français de l’étranger, en ballotage très défavorable, qui décide entre les deux tours de quitter Les Républicains et déclare sa flamme à Macron.
Indécent, Mélenchon, dont la cote chute, et qui donc insulte Hollande. Inconstant, Dupont Aignan et ses va et vient avec le FN. Indécent, tous ces candidats qui cachent leur appartenance partisane par crainte de la défaite…

Difficile pour les électeurs de s’y retrouver dans ces conditions.

D’où les sondages qui annoncent une possible abstention record dimanche pour un premier tour de législatives : 48%, selon Odoxa.