2017 : les syndicats dans les starting-blocks

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L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Chaque matin, Yves Thréard nouslivre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

François Chérèque, l’ancien patron de la CFDT est mort hier. C’était un homme de dialogue. C’est l’occasion de parler des syndicats. Ils sont dans les starting-blocks pour 2017.

Avec la présidentielle, cela s’annonce effectivement très chaud : beaucoup de candidats n’y vont pas de main morte dans leurs propositions.
Fillon en tête, qui veut "casser la baraque", c’est sa formule, sur le temps de travail, les retraites et la fonction publique.
Macron, qui veut donner plus de libertés aux entreprises et retirer la gestion de l’assurance-chômage aux partenaires sociaux pour la confier à l’Etat.
Quant à Marine Le Pen, son seul nom suffit à faire pousser des boutons de fièvre aux syndicalistes.
Bref, les plus déterminés vont marcher sur un champ de mines, ils risquent de se retrouver avec des millions de gens dans la rue.

Pourtant, en France, les syndicats ne pèsent rien en effectifs ?

Autour de 5% des salariés du secteur privé et moins de 10% dans le public.
Mais la lutte sociale est professionnalisée en France.
Déjà, Philippe Martinez, le patron de la CGT qui va présenter ses vœux demain, promet de tout bloquer. Il est majoritaire chez les fonctionnaires. Mailly et FO sont un ton en dessous.
C’est évidemment avec la CFDT, en passe de devenir n°1 dans le privé, que des négociations pourraient s’engager. Laurent Berger, qui a succédé à François Chérèque en 2012 dans le même état d’esprit, devrait jouer un rôle capital. Et devenir l’arbitre du dialogue social.

Reste aux candidats à trouver le mode d’emploi de leurs réformes ?

Oui, et il n’y en a pas. Dire "j’ai la légitimité de mon élection, je vous avais prévenu" est un peu naïf. Réformer par ordonnances ou à coups de 49-3 ? On a vu ce que ça donnait.
Alors, il y a le dialogue en amont. Ce que fait Fillon, qui a confié à Gérard Larcher, le président du Sénat, la mission de rencontrer depuis mi-décembre tous les partenaires sociaux.
Mais, faute de mode d’emploi garanti, la première des choses à faire serait de réformer l’action syndicale, et notamment son financement. Une révolution copernicienne qui demandera des années et se fera dans le sang et les larmes.
Le rapport du député Perruchot sur la question, en 2011, donnait quelques pistes. Mais il était tellement dérangeant qu’il avait été interdit de publication, c’est dire… Bon courage aux candidats.