2017, année du grand big bang politique

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique d'Yves Thréard est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Chaque matin, Yves Thréard nous livre son analyse politique à quelques semaines de l'élection présidentielle.

2017, année du grand big bang politique.

Oui, et pas seulement parce que cette présidentielle peut déboucher sur une surprise.
Mais aussi par ce que plus d’une centaine de députés ont décidé de jeter l’éponge en ne se représentant pas aux législatives, en juin.
A ce jour, une vingtaine à droite, mais surtout près de 80 au PS ne rempileront pas, soit un quart des députés socialistes. Et pas des moindres : Claude Bartolone, élu pour la première fois en 1981, François Loncle la même année, Jean-Marc Ayrault, arrivé en 1986. Tous les trois, figures de la France mitterrandienne, jospinienne puis hollandaise, l’ont annoncé en ce début de semaine.
Il y a l’usure et la fatigue chez beaucoup de ces dinosaures qui sont là depuis des lustres et sont âgés de plus de 70 ans.
Mais pas que, car il y a aussi des jeunes qui renoncent à se représenter.

Beaucoup redoutent d’être battus dans leur circonscription ?

Bien sûr, à gauche, une débâcle est annoncée. Comme en 1993, quand 57 députés socialistes seulement avaient été élus, contre 263 en début de législature. Donc ils anticipent.
La victoire de Hamon à la présidentielle est plus qu’improbable et ils veulent éviter l’humiliation dans la foulée. Ils n’y croient plus. Quelques-uns se rangent derrière Macron, mais les chances de Macron sont également très incertaines.
C’est aussi, surtout à droite, le non cumul des mandats qui les oblige à choisir et à se dire qu’il vaut mieux tenir que courir, en conservant un mandat local.
Ces législatives, en raison de la montée du FN et de la fin du bipartisme gauche-droite, risque de déboucher sur une grande lessive qui pourrait voir l’arrivée en masse de députés frontistes alors qu’ils ne sont que deux actuellement.

Quoi qu’il arrive une page va se tourner ?

Il flotte comme un air de désenchantement, de ras-le-bol aujourd’hui sur l’Assemblée nationale. Les affaires, comme l’affaire Fillon, ont fait beaucoup de mal. La suspicion est forte dans l’électorat et beaucoup de députés sortants, découragés, n’ont pas envie d’essuyer d’insultes sur les marchés en faisant campagne. Je ne sais pas si une moralisation de la vie politique se profile, même si elle est souhaitable, mais une recomposition du paysage politique est en vue, c’est sûr. Enfin pourquoi ne pas réfléchir pour l’avenir à limiter le nombre de mandat de parlementaire dans le temps, à trois ou quatre ?