Valls est-il toujours le favori de la primaire à gauche ?

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Alors qu'il sera l'invité de L'Émission politique de France 2 ce soir, Manuel Valls semble mal engager dans la primaire et tente, par tous les moyens, de se dégager du bilan de François Hollande.

Manuel Valls est ce soir l’invité de L’Émission politique sur France 2, mais va-t-on retrouver le vrai Manuel Valls ?

Manuel Valls sera ce soir l’invité de la première grande émission politique de ce début d’année et on espère retrouver le vrai Manuel Valls. Car il faut bien le dire depuis qu’il a quitté Matignon et a enfilé la tunique de candidat à la primaire de gauche, on ne le reconnaît plus.

Prenez son programme, 50 pages, présentées avant hier. Bon sur la forme, c’est un peu lourd, truffé de références historiques, sur le fond ce n’est pas médiocre, mais ce qui saute aux yeux c’est le manque d’originalité. Valls nous a concocté un bon vieux programme socialiste à l’ancienne avec son énorme enveloppe de nouvelles dépenses publiques, de création de postes de fonctionnaires. Bref, une bonne vieille politique de relance sans grande originalité avec au passage de jolis reniements : la suppression du 49.3 dont il a abusé et le retour des heures supplémentaires défiscalisées que le gouvernement auquel il appartenait en 2012 a supprimées.

En clair, le Valls de 2017 est bien intéressant que celui de 2011, je veux parler du candidat à la primaire précédente qui transgressait, étonnait, bousculait le logiciel socialiste. Là il veut tout garder sauf ce qui lui a permis de devenir Valls.

C’est le passage de Matignon au statut de candidat qui est impossible ?

Franchement, on ne peut pas dire que Manuel Valls se soit dévoué pour être candidat. Il a même tout fait pour l’être au risque d’énerver voire de pousser François Hollande à renoncer. Souvenez-vous, il clamait à la Une du JDD fin novembre "Je suis prêt". Eh bien au vu du début de sa campagne, on peut en douter !

Il a déjà changé de slogan. Son programme ne révolutionne rien du tout. Et puis surtout, on sent qu’il ne sait pas quelle ligne choisir. Il tente de rassembler la gauche alors qu’il avait théorisé les "deux gauches irréconciliables ". Il prend même ses distances avec le bilan de François Hollande en revendiquant un "droit à l’inventivité" au risque de brouiller son image. Bref, Valls a sous-estimé la difficulté de passer sans transition de Matignon à une candidature à l’Élysée. D’ailleurs, ça ne marche jamais: les expériences Chirac en 1988, Balladur en 95 ou Jospin en 2002 en témoignent. Il faut du temps pour faire oublier qu’on est passé par Matignon.

Mais alors Manuel Valls n’est plus le favori de cette primaire. Peut-il perdre ?

Oui, ce n’est vraiment pas gagné. Cette primaire ressemble à un traquenard. Manuel Valls a peut-être eu les yeux plus gros que le ventre. On verra, soyons prudents. Mais c’est certain qu’en voulant à tout prix ne pas laisser le champ libre à son rival Emmanuel Macron qui lui a piqué le feu de la modernité et du social-libéralisme, l’homme d’Evry a pris le risque de tout perdre. On verra, ce soir, et surtout jeudi prochain, lors du premier débat, si on a retrouvé le Valls bondissant ! 

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