Une campagne sans limites

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Cette campagne présidentielle dépasse les limites de la décence avec notamment des attaques non dissimulées de la part de certains candidats.

Nous sommes entrés dans une campagne sans limites.  

En ce mois de mars 2017, c’est comme si nos politiques étaient désormais privés de surmoi, dépassant les limites de la décence et laissant à la campagne un goût bien aigre. 

Dans ce domaine, Marine Le Pen ne connaît pas de frontières. Il y a quinze jours, elle s’était fait menaçante vis à vis des fonctionnaires qui participeraient "à des enquêtes contre son parti". Hier matin sur France-Info, la patronne du FN s’est remise à attaquer les journalistes, c’est facile et ça ne coûte pas cher. Elle a même remporté la palme du sexisme en accusant Anne-Claire Coudray d’avoir "mangé des yeux" Emmanuel Macron, invité de son 20 heures dimanche soir.

Pendant ce temps-là, à droite, on diffuse une caricature douteuse.

Il s’agit de cette caricature que le compte officiel du parti Les Républicains a posté vendredi sur Twitter. Un dessin qui véhicule toute l’imagerie nauséabonde des années 30. On y voit Emmanuel Macron campé en banquier au nez crochu.

Bernard Accoyer a présenté ses excuses,  François Fillon s’est entretenu avec le grand rabbin Korcia et a dénoncé une "caricature inacceptable", mais le mal est fait.  Le leader d'En Marche, qui va porter plainte, lie l'épisode au mauvais climat qui plane au-dessus de la campagne de Fillon. "On commence par faire siffler la presse dans ses réunions publiques et on finit par recourir à une imagerie antisémite pour fustiger l’adversaire", a-t-il remarqué.

Un climat dégradé et amplifié par les réseaux sociaux.

Nous connaissons tous ici la rudesse de ce monde parallèle. Ce qui est nouveau, c’est que les politiques importent cette violence des réseaux sociaux dans la campagne. Comme lorsque François Fillon relaie lui-même une rumeur sur le suicide de son épouse glanée sur le net.

Marine Le Pen est en la matière tristement pionnière. C’est passé inaperçu mais son immunité vient d’être levée par le parlement européen dans une affaire de "diffusion d’images violentes". Perdant ses nerfs suite au "parallèle ignoble" qu’avait selon elle effectué le journaliste Jean-Jacques Bourdin entre son parti et l’État Islamique, la patronne du FN avait posté sur son compte Twitter des images effroyables d’exactions commises par Daech. Dont une photo de l’otage américain James Foley, la tête posée sur le dos.

Éloignez vos enfants, la campagne continue.