Remaniement : Macron à la recherche du bon dosage

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Au lendemain de l'annonce du nouveau gouvernement, Bruno Jeudy nous livre son édito politique.

On connaît donc la composition du gouvernement Philippe 2 : 19 ministres, 10 secrétaires d’État, beaucoup de personnalités inconnues du grand public, plutôt jeunes avec un nombre de femmes supérieur aux hommes. Bref, un savant dosage propre au style d’Emmanuel Macron.
 
Absolument et si on était taquin, on dirait qu’Emmanuel Macron a décidément beaucoup appris de François Hollande et de son art consommé de la synthèse. Prenez le dosage d’hier soir : un zest de MoDem pour compenser pas tout à fait quand même les départs de François Bayrou et Marielle de Sarnez, une pincée de Marcheurs de la première heure, un peu de droite mais moins que la première fois et une bonne touche de gauche.
Ce gouvernement Philippe 2 est un habile mélange de sensibilités de gauche, de droite et du centre dans la pure logique du mouvement En Marche !
 
En même temps, on avait annoncé l’entrée de personnalités de droite, certains avaient évoqué le nom de Jean-Pierre Raffarin. L’ouverture à droite est modeste ?
 
C’est vrai. Pas de grandes prises cette fois-ci. Fin de la séquence ouverture à droite : Le président s’est contenté de récompenser le seul parlementaire de droite qui l’avait rallié avant le premier tour. Il s’agit de Jean-Baptiste Lemoyne, sénateur de l’Yonne qui hérite d’un poste de secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères. Il a ensuite nommé un autre secrétaire d’État issu des Républicains Sébastien Lecornu, un ami du Premier ministre (ça lui en fera deux).
 
Et pourquoi ce choix alors qu’une partie des Républicains, désireux de soutenir Édouard Philippe, vient de faire sécession en formant un groupe autonome ?
 
Et bien parce qu’Emmanuel Macron est passé à la séquence suivante. Il n’a plus besoin de chasser sur les terres de droite. Il doit au contraire rééquilibrer son navire En Marche ! Le président a bien vu dans les résultats de dimanche qu’une partie des voix des sympathisants de gauche ne s’étaient pas bien reporter sur les candidats En Marche au second tour. Par ailleurs, quand on lit attentivement les résultats du baromètre Ifop pour Paris Match, publié ce matin, on observe que sa cote de satisfaction chute de six points. Rien de bien grave il reste à 60%. Mais dans le détail ce sont les sympathisants socialistes, 18 points qui lâchent les premiers mécontents sans doute de l’ouverture à droite et du début des négociations de la future loi Travail.