Marine Le Pen séduit la droite hors les murs

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Philippe de Villiers a annoncé qu'il jugeait désormais que Marine Le Pen avait "une carrure présidentielle".

Marine Le Pen séduit "la droite hors les murs"

Il s’est passé quelque chose d’important ce dimanche qui n’a pas été assez relevé.
Dans un article du JDD, on a appris que Philippe de Villiers juge maintenant que Marine Le Pen a "une carrure présidentielle".
Ce virage est tout sauf anodin. Philippe de Villiers, ce n’est pas seulement le patron du Puy du fou, ancien député eurosceptique reconverti dans l’écriture d’ouvrages à succès consacrés à la prétendue "islamisation de la France".
Le vendéen est aussi avec Patrick Buisson et Eric Zemmour l’une très influentes figures de ce qu’on a appelé "la droite hors les murs". Pour résumer, la droite située entre le FN et les républicains. Des ultra-conservateurs, "très à cheval sur la défense de l’identité française et plus libéraux que le FN", comme les a définis un de leurs autres chefs de file, Robert Ménard.

Pourquoi Philippe de Villiers tresse-t-il désormais les louanges de Marine Le Pen ?

D’abord, il y a l’habillage, la belle histoire de leur rapprochement à l’occasion de la soirée anniversaire du magazine Valeurs Actuelles, en octobre dernier. Mais surtout, Villiers fait une analyse cynique et critique de la situation politique. En novembre dernier, François Fillon avait opéré lors de la primaire un rapt sur l’électorat conservateur catholique, mobilisé et électrisé après la Manif pour tous. Patrick Buisson avait salué cette "révolution conservatrice" sur Europe 1.
Aujourd’hui, Fillon est considérablement affaibli. Sa candidature n’apparaît plus aux yeux du trio Villiers-Buisson-Zemmour comme le véhicule sur qu’il pourra utiliser pour diffuser ses idées dans la société.

Cette déclaration de Philippe de Villiers va-t-il avoir un réel impact sur la bataille électorale d’avril prochain ?

C’est avant tout le signal d’une bascule. Vous le savez, le FN est tiraillé entre deux lignes. La ligne souverainiste incarnée par Florian Philippot d’un côté et celle, catholique et identitaire plus libérale représentée elle par Marion Maréchal Le Pen.
Marine Le Pen qui prônait une France apaisée, c’est son slogan, est revenue depuis début février et les ennuis judicaire de Fillon, à une ligne beaucoup plus droitière, celle de sa nièce. Avec la remise sur le devant de la scène, comme on l’a vu vendredi dans le Jura, de la préférence nationale née au FN il y a 32 ans déjà.

La déclaration de Villiers valide ainsi ce repositionnement dont les conséquences sont déjà visibles dans les sondages.
Dans la dernière livraison Ifop pour Paris Match, Marine Le Pen perd un point de popularité dans l’ensemble de la population mais en gagne huit auprès des sympathisants de droite.