Marine Le Pen montre son vrai visage

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Depuis quelques jours, la candidate du Front national a décidé de durcir le ton de sa campagne en fustigeant ses ennemis" et en adoptant une ligne beaucoup plus dure, plus identitaire.

Marine Le Pen adopte un ton de plus en plus virulent dans cette campagne. Sur fond d'affaires judiciaires, le temps de la normalisation est fini.

Les attaques frontales de Marine Le Pen, tous azimuts.
Depuis quelques jours, la candidate du Front national durcit le ton comme si l'enquête judiciaire sur ses assistants au Parlement européen avait libéré une forme de rage que Marine Le Pen avait jusqu'ici tenté de lisser. Tous ses adversaires sont dénigrés et fustigés. Les médias, bien sûr, comme d'habitude. Mais il y a aussi maintenant la justice, les magistrats accusés de bafouer l' état de droit et désormais les fonctionnaires que la candidate menace.
C'est du brutal !

Des attaques frontales, mais les campagnes de l'extrême droite ont toujours été virulentes ?

Justement, Marine Le Pen fait du Le Pen et c'est ça qui est nouveau.
À deux mois du scrutin, la candidate a choisi de revenir aux fondamentaux du lepénisme.
L'heure n'est plus à la banalisation ou à la dédiabolisation, les formules de politesse sont oubliées.
Immigration, sécurité ou encore dénonciation du système, la présidente du FN en revient à une ligne dure, identitaire et de droite qui l'emporte sur la ligne sociale et souverainiste défendue par Florian Philipot.
Bref, une candidate de l'extrême droite dans la pure tradition de l'extrême droite.

Est-ce que ces outrances peuvent rebuter des électeurs ou au contraire motiver ses troupes ?

On a plutôt le sentiment que ces attaques renforcent la conviction des électeurs du Front qui sont jusqu'ici, les plus mobilisés, les plus certains d'aller voter.
C'est la stratégie de Marine Le Pen : se poser en victime, hurler au complot et s'en prendre avec violence à ses ennemis.
Ça galvanisera peut être ses électeurs mais ça effraiera tous les autres. Cette stratégie lui permettra peut-être d'arriver en tête, très haut, au premier tour, mais constitue encore, du moins on l'espère, un obstacle pour le second tour.