Macron rend fous les Républicains

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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À seulement 48 heures du premier tour des élections législatives, Marion Mourgue nous livre son édito politique.

Quand Macron rend fous les Républicains

Depuis la nomination d’Édouard Philippe, le président Macron ne s’est pas contenté de casser le clivage droite-gauche, il a aussi brouillé les frontières au sein des Républicains. Et désormais les élus et candidats règlent leurs comptes à coup de tweet et d’interviews, sur fond de défaite législative à venir.
Combien seront-ils demain à l’Assemblée ? Certains parient sur 100. Soit deux fois moins qu’il y a cinq ans.

Arrivent-ils au moins à s’entendre sur la ligne ?

C’est l’inverse. Tous les débats que l’on pensait trancher avec la primaire sont remis sur la table et s’annonce sanglants.
On peut classer les Républicains en deux groupes : ceux qui acceptent de soutenir des réformes d’Emmanuel Macron, les constructifs selon leur expression, et ceux qui plaident pour une droite fière de ses valeurs, c’est la ligne Wauquiez.
Mais attention sein de chaque groupe rien n’est figé. Ce serait trop simple. Par exemple, François Baroin qui mène la campagne des législatives pour les Républicains, parlait au départ de cohabitation avec Emmanuel Macron. Il parle désormais de covoiturage. On est loin d’une opposition frontale.
On a ceux aussi qui peuvent être dans plusieurs groupes comme Alain Juppé, à la fois légitimiste et constructif. Il soutient les candidats les Républicains mais appuie, Aurore Bergé, candidate La République en marche, une ex soutien pendant la primaire.
Et puis il y a ceux qui dénoncent le sectarisme de la direction des Républicains, comme Frédéric Lefebvre. Ou comme Gérald Darmanin, désormais ministre à Bercy. Il appelle les Républicains à voter la confiance au gouvernement et il dénonce la dérive d’une partie de sa famille politique vers le Front national.

Pas simple de s’y retrouver ! En somme Emmanuel Macron a réussi son pari ?

Il avait annoncé la couleur pendant la campagne : "il voulait déstabiliser les Républicains".
Il semble qu’Emmanuel Macron réussisse au-delà de ses espérances. Pour ceux qui l’auraient oublié, Emmanuel Macron avait écrit une maîtrise de philosophie sur le Prince de Machiavel. Le président semble être désormais passé maître dans l’art de diviser ses adversaires.