Macron, le crooner de la politique

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Les succès de ses meetings où se bousculent deux à trois fois par semaine des milliers de gens sont autant de coups de boutoir contre le Parti socialiste.

Les succès de ses meetings où se bousculent deux à trois fois par semaine des milliers de gens sont autant de coups de boutoir contre le Parti socialiste. Emmanuel Macron est-il en train d’étouffer la primaire de gauche avec un drôle de style ?
 
Absolument. On a vu à l’œuvre la méthode du ministre Emmanuel Macron. On connaît le couple qu’il forme avec son épouse Brigitte, à la fois intrigant et fascinant. Il y a maintenant le style du candidat Macron. Celui qu’on a vu crier, en décembre, les bras en croix à la fin de son meeting de la Porte de Versailles. Celui qui écume les fiefs socialistes de Nevers à Clermont-Ferrand en passant par Lille. Et là, on voit se dessiner un style nouveau. Emmanuel Macron, c’est le crooner de la politique, peu de voix, peu de paroles mais une façon efficace d’embrasser le micro ! En clair : le candidat Macron ne dit pas grand-chose qui fâche, surtout les sympathisants de gauche. Il a même une forte tendance à enfoncer des portes ouvertes sur la liberté, l’égalité, le travail, l’honneur des fonctionnaires etc, etc. Et pour l’instant, ça marche !
 
Donc Emmanuel Macron chante bien mais peut-il chanter longtemps ?
 
Eh bien oui ! La petite musique du candidat d’En Marche ! est en train d’hypnotiser sympathisants et élus socialistes ainsi que des bataillons de centristes. L’ancien ministre engrange les soutiens un peu à droite, surtout à gauche. Et ce n’est pas fini. Car Emmanuel Macron attend avec impatience le résultat du premier tour de la primaire. Depuis longtemps, il a fait le pari que cette compétition débouchera inéluctablement sur la victoire d’un des candidats de la gauche frondeuse : Benoit Hamon ou Arnaud Montebourg. La tournée d’Emmanuel Macron vise donc aujourd’hui à affaiblir le plus possible les chances de Manuel Valls. La défaite de l’ancien Premier ministre parachèverait son pari et lui permettrait de faire gonfler ses voiles dans les sondages déjà très bons pour celui qui est le 3e homme de la présidentielle.
Dans son entreprise, il est aidé par des Hollandais (Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault en tête) qui envoient chaque jour ou presque des signaux en sa faveur et donc contre Manuel Valls.
 
Macron c’est plus un candidat de gauche que de droite ?
 
Absolument. Le "ni de gauche, ni de droite" des débuts, est en train de devenir le candidat de centre gauche. Surtout en cas de défaite de Manuel Valls car il y aura un embouteillage de députés socialistes sortants et d’élus PS effrayés par la perspective de devoir soutenir un vainqueur de la primaire qui aurait été un frondeur et donc un opposant déclaré à François Hollande. La musique de Macron risquerait alors de pencher davantage à gauche. Le fondateur d’En Marche est tout simplement en train de faire une OPA sur ce qu’il reste du PS.
Et ce qui se joue lors de la primaire de gauche c’est aussi ça : la mort ou la survie du parti socialiste refondé par François Mitterrand à Epinay en 1971.