Macron : attention, socle friable !

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Après le décrochage de François Fillon dans les sondages suite au Pénélope Gate, Emmanuel Macron va devoir assumer son nouveau statut de numéro deux des sondages en dévoilant son programme.

Emmanuel Macron : attention socle électoral friable !

Depuis 15 jours, nous avons tous chaussé de nouvelles lunettes. Après le décrochage de François Fillon dans les sondages suite au Pénélope Gate, nous avons tourné la tête vers le suivant, Emmanuel Macron, logiquement propulsé numéro 2 dans la course à la présidentielle.
Sauf que numéro 2, c’est la partition la plus difficile à jouer dans cette campagne du chaos. Il ne s’agit plus pour ce nouveau venu en politique, âgé seulement de 39 ans de montrer les muscles lors de meetings à guichets fermés ou de rivaliser avec Benoît Hamon. Non être numéro 2 en 2017, cela signifie être investi d’une mission bien particulière. Il faut être un solide rempart contre le Front national et démontrer sa large capacité à battre Marine Le Pen. Et c’est à cette aune-là que les électeurs ont commencé à jauger Macron.

Dans les sondages de second tour, le leader d’En marche bat pour l’instant la candidate FN à plates coutures.

Oui effectivement, mais tant que le premier tour n’a pas eu lieu. Un chiffre devrait préoccuper toute la classe politique française. Selon les sondages qui se suivent, huit électeurs de Marine Le Pen sur dix sont certains de leur choix ! Si vous prenez Macron, plus de 50 % de son électorat potentiel affirme encore pouvoir se raviser ! Selon un sondage Ifop publié hier soir, ils seraient même 64 % d'hésitants. Le 7 janvier dernier, Macron assurait à ses partisans à Clermont-Ferrand que le "printemps serait à eux". Il va d’abord s’agir de bien finir l’hiver, en équilibre sur ce socle électoral très friable.

Les hésitants peuvent-il être rassurés par le dévoilement du programme d’Emmanuel Macron qui va se poursuivre d’ici début mars?

Rien n'est moins sûr. Le risque c'est qu'il se passe le contraire. Pour le moment, Macron, c’est Bayrou en 2007 : le candidat pour tous. Mais le leader d’En marche atteint un moment critique de sa campagne. Il va être obligé de dévoiler ce qu’il appelle ses "grands engagements". Et forcément cliver et perdre quelques-uns de ses partisans. Comme la semaine dernière à Lyon, lorsqu'il a expliqué qu’il n’y avait pas de "culture française". Emmanuel Macron le sait. Et c'est bien pour cela qu’il confie ce week-end au JDD "que c’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne". Cela ne peut pas être le cœur de sa campagne. C’est bien pour cela qu’il vante autant sa personnalité d’intellectuel ou de "mystique". Pour continuer à croire que, malgré tout, il est touché par la grâce.