Les suppliciés du Macronisme

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Au surlendemain du premier tour des élections législatives, Soazig Quémener nous livre son édito politique.

Les suppliciés du macronisme

Sous les coups de boutoir du nouveau président, le vieux monde politique achève de se disloquer. Et le dégagisme ça fait mal, très mal même. Depuis dimanche soir, les éjectés et les grands blessés du premier tour des législatives rivalisent d’inventivité pour décrire leur peine. Benoît Hamon a ainsi posté sur les réseaux sociaux une représentation de Sisyphe par Le Titien. Pas très engageant pour son avenir, ni celui du PS. D’autres la jouent aigris. Comme Henri Guaino. Mauvais perdant, il assure que les Parisiens sont "à vomir". En fâcheuse posture, l’ancien ministre Thierry Mariani peste : "le travail de terrain n’amène aucune reconnaissance". Ex candidat à la primaire LR, Jean-Frédéric Poisson avoue lui ne pas comprendre "l’ingratitude" des électeurs. En résumé, Samuel : les Français sont des veaux !

Mais justement pour Jean-Frédéric Poisson comme pour d’autres, le martyre se poursuit.

Oui encore 5 jours monsieur le bourreau ! A se demander si ce n’était pas plus simple d’être éliminé dès le premier tour. Un coup de hache net. Cette semaine les personnalités menacées font campagne avec une épée au creux des reins. Comme Nathalie Kosciusko-Morizet, autrefois étoile montante du sarkozysme qui rend 23 points à son adversaire en marche Gilles Le Gendre à Paris. L’ancienne ministre Najat Vallaud Belkacem connaît, elle, les pires difficultés à Villeurbanne. Pour comprendre ce qu’il se passe sous leur crâne, il suffit jeter un œil au compte twitter de l’ancien garde des sceaux. En difficulté dans le Finistère, Jean-Jacques Urvoas a posté une photo d’un phare submergé par une vague scélérate. Hasard ou coïncidence c’est le phare de la jument, à Ouessant, dans la circonscription du ministre Richard Ferrand !

Et pendant ce temps-là, les macronistes se taisent.

Oui et c’est peut-être le pire. Dans le camp du président, des consignes strictes ont été passées. Les perdants n’ont même pas une marque d’arrogance ou de vantardise à laquelle se raccrocher. On étouffe ses adversaires, mais en silence. "C’est terrible m’expliquait hier un ex LR passé En marche, tous les battus viennent de comprendre que ceux qui n’ont pas voté dimanche ne misent plus un clou sur un LR ou un PS". "C’est d’autant plus cruel, ajoute-t-il, qu’ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes".