L'Émission politique : pourquoi Benoît Hamon joue gros ?

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Après avoir largement remporté la primaire de la gauche, Benoît Hamon s'est embourbé dans des combines politiciennes qui l'ont considérablement fait chuté dans les sondages.

Il est l’invité de l’Émission politique sur France 2 ce soir mais pourquoi Benoît Hamon joue-t-il gros ?

Commençons par une bonne nouvelle : on a, ou plutôt on va retrouver Benoît Hamon. De quoi rassurer le journal Libération qui, en Une, se demandait hier matin "Où était passé" ce candidat bien trop discret.

Donc oui, Benoît Hamon joue gros ce soir. Avant la primaire, c’est déjà dans cette émission, le 8 décembre dernier que les téléspectateurs avaient découvert ce socialiste plutôt affable. Un élu qui est d’ailleurs très apprécié, le saviez-vous à droite, notamment par Valérie Pécresse, la présidente du conseil régional d’Ile-de-France. Il lui avait écrit une jolie lettre d’excuse pour avoir séché les séances à la Région dans l’entre-deux tours de la primaire du PS.

Pendant cette compétition électorale, l’ancien ministre de l’Éducation avait proposé des mesures sinon intéressantes du moins novatrices comme le revenu universel ou la taxation des robots. Pour résumer, sa candidature était utile au débat.

Sauf qu’après, il a remporté la primaire de la belle alliance populaire.

Dans un premier temps, il a bénéficié d’un réel effet de souffle après sa victoire face à Manuel Valls. Atteignant jusqu’à 18 % des intentions de vote. Puis il s’est bêtement embourbé dans des combines politiciennes. Avec d’un côté l’interminable feuilleton des tractations avec l’écolo Yannick Jadot et de l’autre, un lassant "je t’aime moi non plus" avec Jean-Luc Mélenchon.

Du coup, il a baissé dans les sondages et aujourd’hui, il ne joue toujours pas dans la cour des présidentiables. Pire, le vote utile des ténors socialistes n’est pas en sa faveur. Ils préfèrent Emmanuel Macron qu’ils rejoignent peu à peu dans un processus très scénarisé. Comme c’était le cas de Bertrand Delanoë hier matin. Même François Hollande s’y met, il a admis hier devant ses ministres qu’il y avait "un débat" entre un soutien à Hamon ou à Macron. Le président a même pointé le "manque de crédibilité" du programme du candidat PS !

S’éloigner du socialisme de gouvernement, n’est-ce pas pourtant la chance de Benoît Hamon ?

Vous avez raison, il aurait intérêt à convaincre les hommes et les femmes du PS tout en s’écartant de l’héritage Hollande. Comme le fait Macron. Mais Benoît Hamon s’obstine jusqu’à aujourd’hui à faire exactement l’inverse. L’Ex-frondeur réhabilite même le bilan du quinquennat, sur la santé ou la réforme des retraites. Une stratégie dévastatrice. À moins qu’il ne vise comme l’assurent ses détracteurs, que la tête du parti socialiste. Auquel cas, il risque de disparaître définitivement des radars de la présidentielle.