Législatives : où se trouveront les contre-pouvoirs à En marche! ?

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Si En marche! a une majorité à l'Assemblée, le mouvement pourrait avoir un contre-pouvoir au Sénat, dans les régions ou encore dans des fortes personnalités comme la maire de Paris, Anne Hidalgo

Après le résultat de la République en marche! au premier tour des élections législatives, on s'attend à une large victoire du parti du président dimanche prochain, à une majorité écrasante. Et on se demande où vont se trouver les contre-pouvoirs. Où sera l'opposition ?

Pas à l'Assemblée en tout cas, avec la majorité écrasante qui se prépare pour le mouvement d'Emmanuel Macron. En marche! sera en situation de quasi monopole, presque de parti unique. Mais pour le reste, tout est dépeuplé. Le PS éradiqué, rayé de la carte électorale. Le Front national et la France insoumise réduits à la portion congrue. Seuls résistent les Républicains, et encore. Ils ne sont pas certains d'atteindre la barre des cent députés.

Certes, en politique comme ailleurs, ce n'est pas la taille qui compte. Et il suffit de quelques personnalités bien en vue et à la parole tranchante pour faire le job. Mais ce n'est pas là que se trouveront les contre-pouvoirs.

Ça veut dire que ces contre-pouvoirs ne peuvent pas se trouver à l'Assemblée ? Mais où alors ?

Eh bien dans d'autres arènes politiques, au Sénat par exemple où En marche! n'a pas la majorité puisque le mouvement fondé il y a un an n'a pas de groupe. Alors ça peut changer, on a vu que les situations politiques évoluaient très vite, mais ce n'est pas pour tout de suite.

On pourrait aussi citer les régions. Notamment les régions de droite qui pourraient s'opposer à la politique du gouvernement. On pense par exemple à Xavier Bertrand qui pourrait utiliser les Hauts-de-France comme un bastion de résistance au macronisme. Et puis bien sûr il y a les personnalités locales. Il n'y en a pas beaucoup mais il ne faut pas oublier la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui va être au coeur de la reconstruction de la gauche et qui s'est déjà vivement opposée à Emmanuel Macron.
Et à part ceux-là ? Est ce qu'on peut s'attendre à d'autres foyers d'opposition ?
En tout cas, pas d'opposition institutionnelle. Mais  il y a quand même une force de résistance qui demeure,  c'est l'opposition sociale, l'opposition syndicale. Et elle pourrait se réveiller très vite devant la réforme du droit du travail par ordonnance que répare le gouvernement. Et c'est d'ailleurs ce que redoutent les amis du président, que l'opposition inexistante au Palais Bourbon se retrouve à l'automne, dans la rue.