Législatives : la campagne de toutes les violences

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Au lendemain de l'agression de Nathalie Kosciusko-Morizet, Marion Mourgue nous livre son édito politique.

La violence en politique
 
Ce vendredi à 18h une marche est organisée contre la violence place Maubert dans le 5e arrondissement de Paris C’est là que Nathalie Kosciusko-Morizet a été agressée hier alors qu’elle était en pleine campagne pour les législatives.
On l’a vu hier, cet acte a été unanimement condamné par la classe politique, tous partis confondus. Car ce qui s’est passé est choquant. Non seulement il y a une agression faite à une femme. Mais il y a aussi une agression faite à une élue.
Cet acte de violence n’est pas isolé. Nombre d’élus vous racontent qu’en quelques instants, tout peut dégénérer sur le terrain. Pendant la présidentielle, on l’avait déjà vu, avec Manuel Valls qui s’était pris une gifle, Emmanuel Macron un œuf, des élus les Républicains des jets d’urine. Ça montre à quel point l’image de l’élu est dégradée en France. On lui assène un coup plutôt que de lui parler.

Comment explique-t-on ce climat de violence ?

La défiance des Français pour leurs élus est forte. Et le climat des affaires pendant la présidentielle et le dernier quinquennat n’a évidemment rien arrangé. Il y a cette idée de plus en plus répandue, "du tous pourris, tous les mêmes, à quoi bon".
Pire, ils sont vus comme se servant eux-mêmes avant de servir les autres. Et donc sanctionnés s’ils ne respectent pas leur promesses de campagne ou s’ils font du tourisme électoral.
Mais la sanction ne se fait plus uniquement dans les urnes, elle se fait aussi dans la rue. Le dialogue est rompu. Et le taux d’abstention record de dimanche, au premier tour des législatives est là pour nous le rappeler. C’est une autre manière d’exprimer ce message de colère.

Les politiques ont-ils leur part de responsabilité ?

Bien sûr et certains vont devoir faire aussi leur autocritique après cette longue séquence électorale. Quand vous entendez Henri Guaino dire qu’il "vomit ses électeurs" ou Gilbert Collard qui appelle ses électeurs à se mobiliser en les traitant de "fainéants", ils participent aussi créer de l’agressivité sur le terrain. Alors qu’ils devraient en tant qu’élus avoir un devoir d’exemplarité.
D’où l’attente des Français de voir de nouveaux comportements pour considérer à nouveau le personnel politique. Emmanuel Macron a mis sur la table une loi pour redonner confiance dans la vie publique. Les Français risquent d’être sévères s’il échoue.