Le vote populaire au cœur du second tour de la Présidentielle

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Marion Mourgue nous livre son édito politique à quelques jours du second tour de l'élection présidentielle.

L’électorat populaire et les classes moyennes, deux électorats très convoités dans cet entre-deux-tours.

À dix jours du second tour, les classes populaires sont draguées de tous les côtés avec cette question: qui est le candidat capable de parler au peuple ? Emmanuel Macron et Marine Le Pen l’ont bien compris en se rendant tous les deux à l’usine Whirpool d’Amiens rencontrer des ouvriers.

La fermeture annoncée de l’entreprise et les 290 emplois sur la sellette sont devenus d’un coup des thèmes de campagne. Avec à la clé une bataille d’images et de communication. Comme, hier avec un nouveau duel à distance. Marine Le Pen était avec les pêcheurs, Emmanuel Macron jouait du foot à Sarcelles.

Pourquoi expliquer cette bataille ?

Le vote des ouvriers et des employés est un enjeu crucial dans une présidentielle: il représente un gros quart du corps électoral, soit environ dix millions d'électeurs. On ne peut pas gagner ce scrutin si on oublie cet électoral. Que ce soit sur le plan électoral ou symbolique.

Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande l’avaient compris en s’adressant directement aux couches populaires. On se souvient de leurs slogans. C’est "la fracture sociale" de Jacques Chirac en 1995, le "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy en 2007.  Et "le mon ennemi, c'est la finance" de François Hollande en 2012.

On a l’impression que même les battus se mettent à vouloir reparler aux classes populaires ?

C’est une question de survie pour les Républicains comme pour les socialistes avant les élections législatives. Et ces deux partis viennent d’en prendre conscience brutalement en étant  éliminés de la présidentielle.

François Fillon n’a obtenu par exemple que 5% de voix auprès des ouvriers et 8% auprès des employés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes !

On entend donc depuis dimanche soir, les voix s’élever à droite pour réclamer une inflexion majeure de la ligne des Républicains et une modification du projet. Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, et même Nicolas Sarkozy en privé réclament que les heures supplémentaires défiscalisées soient réintroduites. Ils demandent aussi de baisser l’impôt sur le revenu pour les tranches les moins élevées ou de baisser les charges salariales pour augmenter le salaire net.

Quant aux socialistes, faute d’avoir réussi à parler l’électorat populaire, ils se sont fait doubler par Jean-Luc Mélenchon sur leur gauche et le Front national sur leur droite.

Or dans cet entre-deux-tours, ce sont les électeurs de Jean-Luc Mélenchon qui vont constituer un des plus gros réservoir de voix. D’où l’intérêt électoral de réussir à leur parler.