Le piège du Congrès: que va dire Macron ?

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Tous les yeux sont fixés sur le président qui va s'exprimer devant le Parlement réuni en congrès, à Versailles. 

L’Edito politique avec Myriam Encaoua, après trois jours de polémiques, ça y est c’est le jour J. Emmanuel Macron s’exprime cet après-midi à Versailles devant le Parlement réuni en Congrès. Est-ce que l’on sait comment cela ça se passer et ce que va dire le président aux presque mille députés et sénateurs convié dans l’hémicycle du château ?

Sur la forme, on voit déjà la scène Samuel, le président traversant d’un pas lent la galerie des bustes avant de rejoindre en majesté l’hémicycle de Versailles, (il y aura sans doute une minute de silence pour rendre hommage à Simone Veil avant le discours). Sur le fond, quelques infos, même si le secret est gardé à double-tour, Ils sont 5 seulement à avoir eu accès au discours. Fixer les grand objectifs, la feuille de route, les grands principes, donner du sens à son action, tous ces éléments de langage tourne en boucle depuis quelques jours. Les conseillers de l’Elysée le martèlent, la 5ème République est remise à l’endroit et en bon ordre : Au Président le Cap, Au premier ministre les coupes, surtout après le rapport accablant de la cour des comptes.

Un discours d’une heure structuré en trois parties.

Sa lecture des Institutions : Le chef de l’Etat va présenter ses réformes institutionnelles, la proportionnelle, la réduction du nombre de parlementaires, l’accélération du temps législatifs le renforcement du contrôle du gouvernement par le Parlement. Le Président va montrer ainsi qu’il n’est pas hostile à tout contre-pouvoir. Le sens de son mandant dans ce contexte de recomposition et de forte abstention, "Il va qualifier le moment si particulier dans lequel nous sommes, alors que la France a échappé au populisme", explique un proche. Les défis du quinquennat, l’emploi, le rapport au travail, le terrorisme, le Climat, la France dans le monde.

 

Cela veut dire qu’il n’y a aura pas d’annonce, pas de surprises ?


Ce n’est pas le but, Macron veut marquer les esprits, frapper un grand coup surtout avant les départs en vacances mais pas forcément avec des mesures nouvelles, "on ne va rien sortir du chapeau" assure l’Elysée. Le programme présidentiel ne sera pas réinventé. Reste la méthode.  Dans l’opposition, certains l’imagine bien annoncer un referendum sur la réforme institutionnelle, manière d’allumer un contre-feu en pleine rentrée sociale qui s’annonce tendue sur la loi Travail, et de maintenir le pays sous tension électorale. A voir.

En attendant le piège de Versailles et de ses palais fastueux serait de donner l’impression d’Un Congrès pour rien. Le verbe, le geste et la profondeur historique ne suffiront pas, il faudra malgré tout du concret, un calendrier de réforme, une partition économique, faute de bilan à présenter. Macron assume plus que d’autres ce costume de monarque républicain taillé sur mesure pour le Général De Gaulle,  mais à "resacraliser" ainsi la fonction il y a un prix à payer : les attentes sont plus fortes et les résultats plus urgents. Le piège de Versailles lui fait endosser toutes les responsabilités, sans fusible, ni bouclier.