Le cas Bruno Le Maire : le pari du ministre candidat

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Alors que Bruno Le Maire prend ses marques dans le gouvernement d'Édouard Philippe, Bruno Jeudy nous livre son édito politique.

Avec Nicolas Hulot, c’est l’autre grosse prise du premier gouvernement d’Emmanuel Macron. Bruno Le Maire, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, est ministre de l’Économie. Il est déjà le plus opérationnel sur le terrain. À Berlin ce matin et Bruxelles cet après-midi. Une transgression, qu’il assume totalement ?
 
Oui et quand, vous demandez à Bruno Le Maire, comment il va ? Le nouveau ministre de l’Économie répond du tac au tac : "Je n’ai jamais été aussi heureux dans ma vie politique !". Et pas seulement parce qu’il a fait visiter hier son nouveau lieu de travail à sa femme, et trois de ses quatre garçons. Bruno Le Maire est heureux de participer, dit-il, à la recomposition de la vie politique voulue par Emmanuel Macron.
Le Maire a connu les montagnes russes au cours des douze derniers mois. Lui, qui a théorisé le premier le besoin de renouveau politique, admet s’être planté. "Macron a gagné là où j’ai échoué. Il a fait preuve de plus d’audace, dit le ministre. Moi, je ne suis pas allé assez loin. Je me suis enfermé dans une primaire. Cela a été mon erreur".
 
Bruno Le Maire est ministre mais il est aussi candidat et tout peut s’arrêter en juin avec une défaite aux législatives ?
 
À la différence d’Édouard Philippe et Gérald Darmanin, les autres prises de droite, Bruno Le Maire est candidat aux législatives dans sa circonscription d’Evreux. Et la défaite, il ne l’envisage pas. "Je suis confiant" dit-il. Élu depuis 10 ans, son élection paraît jouable. Mais il va trouver sur sa route une élue LR contre lui. Ses anciens compagnons ne lui font pas de cadeau et il devra ferrailler avec le FN qui a fait un gros score dans ce département.
Le Maire sait que ça ne sera pas une partie de plaisir. "La campagne va être violente, sous la ceinture". Mais bravache, il affirme "j’ai besoin de ce combat". Et il veut faire de son élection le test pour savoir si les électeurs de droite valident la recomposition voulue par Macron. Ça passe ou ça casse.
 
Cette rupture de Bruno Le Maire avec les Républicains, est-ce surprenant ?
 
Non puisque Bruno Le Maire s’est beaucoup isolé au cours des derniers mois. Et surtout depuis sa rupture avec François Fillon le 1er mars dernier en pleine campagne présidentielle. Il reconnaît que la période a été difficile.
Mais les prémices de cette prise de distance avec la droite remonte en réalité au débat sur le mariage pour tous. Bruno Le Maire a assumé son approbation quand la plupart des dirigeants manifestaient contre. La rupture idéologique commence à ce moment là. Libéral et européen, ouvert sur les questions de société, Le Maire est plus proche de Macron qu’il ne l’est de Laurent Wauquiez. Lui-même a cette formule : "D’une certaine manière la droite n’est pas sortie du sarkozysme. C’est ce qu’il a fait échouer". Tout est dit.