La vague Macron à la veille des législatives

  • A
  • A
L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

À seulement quelques jours du premier tour des élections législatives, Marion Mourgue nous livre son édito politique.

La vague Macron risque d’écraser tout sur son passage aux élections législatives

À une semaine du premier tour, la gauche et la droite commencent à redouter le scénario du pire. La question n’est plus de savoir si Emmanuel Macron et son premier ministre Édouard Philippe obtiendront une majorité absolue. Mais si cette majorité absolue sera plus ou moins importante. Car tous les sondages indiquent une seule et même tendance : la victoire pour les candidats d’En marche.
Dans les rangs du PS on s’attend même à un "tsunami". Chez les Républicains on parle de "blast", avec l’idée que les candidats d’Emmanuel Macron pourraient tout balayer sur leur passage : députés sortants, ministre, ancien premier ministre, personnalités politiques.
Déjà ce week-end on en a eu un aperçu avec les résultats des élections des Français de l’étranger. Frédéric Lefebvre pourtant "Macron-compatible" n’a obtenu que 13% des suffrages. Thierry Mariani aura du mal à l’emporter au second tour tant il est devancé par la candidate de la République En marche. En Polynésie, où l’on votait ce dimanche, ce sont trois candidats "Macron-compatibles" qui sont arrivés au premier tour.
Pareil à Paris et en Ile-de-France, même si pour le moment ce ne sont que des sondages. Nathalie Kosciusko-Morizet est donnée largement battue dans un sondage Ifop-Fiducial pour le journal du dimanche. Trop "Macron-compatible" pour une partie de ses électeurs, mais pas assez aux yeux d’Emmanuel Macron lui-même, la candidate des Républicains est prise entre des "tirs croisés", selon son expression. NKM joue gros : si elle perd, elle risque de disparaître du paysage politique. Manuel Valls pourrait connaître le même sort tant sa campagne ressemble à un chemin de croix dans l’Essonne.

Comment peut-on expliquer ces défaites à venir ?

Par une confortable prime aux candidats qui soutiennent officiellement Emmanuel Macron et sa politique. Les électeurs attendent que les futurs députés l’écrivent noir sur blanc.
Sur le terrain, les Français de gauche comme de droite insistent sur une envie de changement et de mouvement, de soutien aux réformes. La chance de Macron, c’est que les autres partis sont divisés et usés. Et de plus en plus de Français semblent fatigués par ce vieux clivage gauche-droite qui, à leurs yeux, paralyse le pays.
En ayant nommé un premier ministre de droite, Emmanuel Maron est en passe de récupérer une grande partie du vote les Républicains sans perdre le soutien des socialistes. Et donc réussir son pari d’une recomposition de la vie politique, notamment à l’Assemblée nationale.