La primaire de la Gauche dans le brouillard

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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La primaire de la gauche est un grand mystère dont personne n'est en mesure de pronostiquer qui en ressortira vainqueur, juge l'éditorialiste David Revault d'Allones.

La primaire de gauche commence réellement cette semaine. Les sept candidats ont moins de trois semaines pour convaincre et le moins que l’on puisse dire, c’est que personne n’est en mesure de pronostiquer quoi que ce soit.

À gauche, c’est le grand brouillard. Un brouillard à couper au couteau voire à la machette. On est à 18 jours du premier tour et personne, absolument personne, n’est en mesure de donner la moindre tendance sur l’issue de cette compétition.

Cette primaire de la gauche, c’est une équation à multiples inconnues. D’abord, la participation est un grand mystère alors que la primaire de la droite avait attiré plus de quatre millions d’électeurs. Il sera difficile de faire autant. Alors les plus optimistes espèrent deux millions de votants mais après cinq années éprouvantes au pouvoir, des défaites en série aux municipales ou aux régionales, sans parler de la fuite des militants, beaucoup redoutent que ces primaires soient un four.

Bref, ça sent le roussi !

Malgré ça, a-t-on déjà des indications sur les rapports de force ? Y a-t-il des favoris qui se dessinent ?

Absolument pas ! D’abord parce que personne ne sait qui viendra voter et donc personne ne se risque à émettre la moindre estimation précise, surtout pas les sondeurs qui sont d’une prudence de Sioux et qui préfèrent parler de souhaits de victoire plutôt que d’intentions de vote sonnantes et trébuchantes. Surtout, ne pas se mouiller…

C’est vrai qu’ils ont eu quelques expériences douloureuses nos sondeurs cette année avec le Brexit, la victoire de Donald Trump et bien sûr la primaire de la droite. Un mois avant, personne n’avait vu venir François Fillon.

Donc sondeur échaudé craint la bourde et c’est pour ça que nous n’avons pas aujourd’hui la moindre idée de ce qui pourrait se passer le 22 janvier prochain.

Alors on n’a pas d’estimation sur la participation ni sur les scores. Mais sur quoi va se jouer cette primaire ?

Sur les seuls moments où l’on pourra juger et jauger les compétiteurs comme les débats télévisés. Il y en aura trois en une semaine. Il ne faudra pas se rater. Pas le droit à l’erreur pour les quatre principaux candidats, Valls, Montebourg, Hamon et Peillon, qui devront marquer les esprits et des points. Faire le break, quitte à prendre des risques.

La primaire de droite était un marathon, celle de gauche est un sprint. Tellement rapide qu’on se demande si on va voir les compétiteurs passer.

C’est un peu surréaliste mais il faut rappeler que cette primaire, elle ne devait pas se dérouler comme ça. Elle était pensée et organisée par et pour François Hollande, pour que le président puisse être adoubé sans trop de dégâts. Résultat : le président n’est pas là, et les socialistes dansent sur un volcan.

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