François Hollande : le douzième candidat à l’élection présidentielle

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Hollande est accusé d’être à la tête d’un cabinet noir qui dans l’ombre aurait préparé avec minutie toutes les péripéties judiciaires qui entravent à présent la marche de François Fillon.

Il y a un 12e candidat dans la présidentielle : François Hollande !

Aucun de nous ne l’a oublié : le président de la République a renoncé à se représenter à l’élection présidentielle. C’était le 1er décembre dernier. Depuis, François Hollande, dans une situation tout à fait inédite sous la Ve, est imperceptiblement passé au second plan de la vie politique, comme effacé derrière la tripartition de la gauche. Après sa victoire à la primaire, Benoît Hamon est allé lui rendre visite à l’Élysée comme on rencontre un vieux cousin éloigné, Macron a lui acté une forme de divorce dans l’émission Au tableau sur C8 : "On s’est séparés en août dernier mais je l’aime toujours bien". Même Jean-Luc Mélenchon a fini par se résoudre à ne plus convoquer son "capitaine de Pédalo" préféré.

La gauche n’en parle plus mais c’est désormais la droite qui en appelle à lui.

Oui, c’est tout le paradoxe de cette drôle de campagne. Jeudi soir, nous avons assisté à une charge inouïe de la part du candidat de la droite et du centre. Mais contre qui ? Eh bien contre le futur retraité de la politique qu’est l’actuel président de la République. Comme s’il manquait un 12e candidat à cette présidentielle. François Hollande est accusé d’être à la tête d’un cabinet noir qui dans l’ombre aurait préparé avec minutie toutes les péripéties judiciaires qui entravent à présent la marche de l’ancien premier ministre.

Alors entendons-nous bien, que les informations circulent entre la police et les politiques et que les politiques s’en servent, c’est un secret de polichinelle. Mais imaginer, puisque personne n’a de preuves de quoi que ce soit, que le président aurait pas à pas empilé les briques qui emmurent aujourd’hui François Fillon, jusqu’à le pousser à la contrition, celle de devoir expliquer à la télévision qu’il a eu tort d’accepter des costumes de son ami Bourgi ou d’employer sa femme et ses enfants, cela devient assez baroque.

C’est comme si, au fond, François Fillon avait besoin de ce candidat qui n’existe pas.

Oui, certains enfants se fabriquent des amis imaginaires. La droite se cherche elle un ennemi juré imaginaire en la personne de François Hollande. Attention, le président demeure un adversaire politique, qui s’applique à défendre pied à pied le modèle social français face au programme de franche rupture, c’est un euphémisme, de François Fillon. Mais on le voit, les Français ne comprennent pas ce duel. Un week-end a passé depuis l’attaque de Fillon et les enquêtes d’opinion ne frémissent pas. Le candidat de la droite boxe dans le vide. Il n’a pas voulu l’admettre, s’en prendre aujourd’hui à François Hollande, c’est cibler celui qui dans un mois et demi aura quitté l’Élysée, la tête basse après un épouvantable quinquennat.

Comme le disait Françoise Giroud, il ne sert à rien de tirer sur une ambulance, surtout si l’on est soi-même fort mal en point...