François Fillon et son hologramme

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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François Fillon, le nouveau docteur Jekyll et Mister Hyde ? 

Ce matin, vous voulez nous parler de François Fillon et de son hologramme

Oui, Samuel, avant le 24 janvier, nous pensions connaître François Fillon. Conservateur, bon père de famille, avec de profondes racines sarthoises, département où il possède un joli manoir. Très discret, il n’avait jamais mis en avant son épouse, Penelope. La droite l’avait choisi car elle était fière d’être représentée par cet homme droit et élégant qui rompait avec le bling bling des années Sarkozy. Lui mis en examen renoncerait bien entendu immédiatement à l’Elysée. Une question d’honneur. Mais s’agissait-il du vrai François Fillon ou plutôt de son hologramme ?

Vous pensez qu’il y aurait donc plusieurs François Fillon ?

En tout cas, nous en connaissons désormais un autre. Celui qui, depuis hier matin, est mis en examen notamment pour " détournement de fonds publics ", " recel et complicité d’abus de biens sociaux ". Qui s’est présenté devant les juges certes, mais a refusé de répondre à leurs questions. Un Fillon pourtant toujours, et c’est du jamais vu, candidat à la présidentielle. Inflexible, il n’a pas hésité à passer un accord avec son ancien ennemi Sarkozy pour sécuriser sa position.

Un candidat également épinglé par le JDD pour s’être fait offrir des costumes sur mesure à 6500 euros pièce par un mystérieux ami. Et alors ? , a-t-il répliqué.
Hier on apprenait encore que ses deux enfants salariés au Sénat lui auraient reversé une bonne partie des sommes perçues ! Et alors ? Eh bien, là encore Il ne s’est même pas donné la peine de répondre.

Il y a pourtant un point commun entre les deux visages du candidat ?

Oui Samuel. Un programme de franche rupture économique auquel Fillon n’a apporté que de légères amodiations. Il y a également ses qualités de rhéteur, intactes, renforcées même dans la tempête, alors que s’approche à grand pas le premier débat de la présidentielle programmé lundi prochain. Mais cela suffira-t-il ?
Hier, un dirigeant Les Républicains, dépité, déprimé même, s’interrogeait à voix haute sur les minces chances de son candidat de l’emporter encore à l’issue de cette campagne invraisemblable. Sans pouvoir jurer qu’il avait encore envie de porter Fillon et son double jusqu’à l’Elysée.