François Fillon : à quitte ou double

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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En mettant sa candidature dans la balance s'il est mis en examen dans le cadre du "PenelopeGate", François Fillon veut garantir son honneur.

Vous revenez Marion sur le 20h de TF1 et l'intervention de François Fillon, au lendemain des révélations du Canard Enchaîné et de l'ouverture d'une enquête par le parquet financier. On a connu meilleur début de campagne.

C'est certain, François Fillon se serait bien passé de tout cette histoire devant ce qu’il appelle le "tribunal médiatique". Car on est à trois mois du premier tour de la présidentielle et à trois jours du grand lancement de sa campagne. Dimanche, Fillon a prévu de longue date de tenir un grand meeting à la Villette. Un meeting qui doit sonner le rappel des troupes et afficher le rassemblement.

Alors forcément après 48 heures heures de polémiques, il y avait urgence à éteindre le début d'incendie et surtout à rassurer les troupes sur sa détermination. Parce que si les questions sur l'emploi de Pénélope Fillon sont désormais du ressort du parquet financier, la campagne présidentielle, elle, se joue sur le terrain politique et médiatique.

Hier soir, on a vu le candidat contre-attaquer. Il était beaucoup plus offensif qu'à Bordeaux quand l’article puis l’enquête ont été rendu publics. Les mots étaient choisis pour souligner que le travail de sa femme était "légal", "transparent" et "réel". Donc pour démentir tout emploi fictif de son épouse. Le ton était pugnace pour dénoncer des accusations abjectes et souligner le calendrier de l’affaire. Car Fillon en est convaincu : il est devenu l’homme à abattre. Depuis sa victoire à la primaire, dit-il, "c’est une avalanche de calomnies et de critiques chaque jour".

Est-ce que cette riposte sera suffisante ?  

Hier soir, Fillon jouait gros, il le sait. Quand il y a soupçon, il est dévastateur. Or Fillon avait marqué des points à la primaire en faisant campagne sur l'honnêteté et la sincérité. Pour que cette riposte hier soit efficace et suffisante, il fallait que François Fillon frappe les esprits. Il l'a fait avec une communication millimétrée. Non seulement il a souligné que ces accusations abjectes contre sa femme, ce sont ses mots, renforçaient sa détermination à aller jusqu'au bout mais en plus il a mis sa candidature dans la balance. Il assure qu’il ne renoncera pas à la présidentielle, sauf s’il était mis en examen.

Dire ça c'est du quitte ou double. C'est potentiellement se mettre entre les mains d'un juge d'instruction. Mais c'est aussi revendiquer publiquement son honnêteté en prenant pour garantie, son honneur et la justice. En somme c'est dire à ses soutiens : vous aviez un doute ? Vous pouvez toujours me croire ! Car on le sait une campagne présidentielle se joue aussi sur le terrain psychologique.

Comment Fillon sort de cette semaine ?

On verra dimanche avec le meeting et avec les premiers sondages qui ne devraient pas sûrement pas tarder à être publiés. C'est maintenant tout le défi de Fillon de réussir à reprendre la main par sa campagne et d’imposer son agenda.