Fillon sur la corde raide

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

Alors que François Fillon a annoncé qu'il ne cèderait pas et ne renoncerait pas, nombreux sont ceux comme Jean-Louis Borloo qui estiment qu'il doit abandonner pour la survie de la droite.

Depuis l’annonce du maintien de sa candidature malgré sa probable mise en examen, François Fillon est confronté à une fronde inédite dans son camp. Plus de soixante élus l’ont lâchés et la riposte s’organise chez les Républicains. Ca va devenir très compliqué pour François Filon ?
 
C’est vrai que nous avons d’abord relevé que sa déclaration de mercredi, très dure contre les juges, avait été une opération médiatiquement réussie. 24 heures plus tard, on mesure les premiers dégâts politiques et ils sont lourds pour le candidat de la droite. En une seule journée : pas moins de soixante maires et parlementaires ont lâché François Fillon. Des élus Républicains qui demandent à leur candidat de se retirer de la course à la présidentielle, d’autres appellent carrément à parrainer Alain Juppé. Et des salariés du QG, parmi lesquels les deux directeurs adjoints de campagne, ont présenté leur démission, avant que d’autres n’en fassent probablement de même. Je résume Samuel une partie de la droite fait donc campagne contre le candidat issu de la primaire. C’est un désordre inoui, inimaginable à 51 jours du premier tour.
 
Un homme, dit-on, s’agite beaucoup en coulisses. Il s’agit de Jean-Louis Borloo et vous avez des informations.
 
On le croyait à la retraite ou bien en déplacement en Afrique, mais Jean-Louis Borloo a repris du service. Il est convaincu que la droite peut disparaître si elle ne change pas rapidement de candidat. Alors l’ancien ministre téléphone beaucoup. Et pas seulement à ses amis de l’UDI. Il fait le tour des dirigeants de la droite et du centre. Convaincu que la droite peut tout simplement disparaître, il fait le forcing auprès de son copain Gérard Larcher pour qu’il force sa nature et prenne ses responsabilités en allant voir François Fillon et lui dire qu’il doit abandonner. Ce que le président du Sénat a déjà fait. Mais Borloo l’incite à le dire publiquement. Borloo plaide pour un remplacement par Alain Juppé. A défaut, le centriste serait prêt à se lancer. Une chose est certaine, il n’a pas prévu de faire escale chez Emmanuel Macron. Il ne le sent pas à la hauteur.
 
Et Nicolas Sarkozy, il est bien silencieux ?

À tel point qu’il apparaît aujourd’hui et ce n’est pas le moindre des paradoxes comme le principal soutien de François Fillon. Le candidat s’en prévaut. Ce soutien de Sarkozy fait presque office d’assurance vie pour un candidat en difficulté. Hier, Fillon a ainsi expliqué au téléphone avec un lieutenant du maire de Bordeaux : "Essaie de calmer Juppé pour qu’il ne me lâche pas. Sarkozy ne laissera pas faire !". Voilà où en est la droite et singulièrement Fillon soutenu par son meilleur ennemi, cerné par les juppéistes qui veulent le débarquer et des élus qui ont, de l’aveu du jeune maire de Tourcoing Gérald Darmanin, ont de leur droite.