Fillon : est-ce que la contre-attaque peut tenir ?

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Alors que l'on avait l'impression que François Fillon reprenait le dessus depuis deux jours, les nouvelles révélations du Canard Enchaîné font de nouveau beaucoup parler.

On avait l'impression que François Fillon reprenait un peu d'oxygène depuis deux jours, il avait contre attaqué avec énergie.
Mais les nouvelles informations du Canard mettent à mal sa défense.

La contre-attaque est à peine lancée qu'elle s'enlise déjà.
François Fillon avait pourtant déployé les grands moyens avec sa conférence de presse lundi et la convocation des troupes pour une séance de remotivation mardi.
La contre-offensive avait été préparée comme une opération militaire. Mais mardi soir, le Canard récidive.
Cette fois, ce sont les indemnités de licenciement de Penelope Fillon qui viennent remettre une pièce dans la machine infernale du scandale.
"Mensonges", s'indigne le candidat de la droite. Mais il est presque déjà trop tard, le cercle vicieux est enclenché.

Quel cercle vicieux ?

Révélations, émotion, dénégations et nouvelles révélations.
Le "Penelopegate" focalise l'attention. On se demande vraiment comment François Fillon va présenter ses projets, ses propositions.
En bref, comment il va continuer à faire campagne dans ces conditions.

Mais pour l'instant, Fillon a réussi ce qu'il voulait, non ? Il a réussi à gagner du temps ?

C'était sa stratégie: temporiser, jouer la montre jusqu'à la fin de l'enquête, en criant au complot et ranger tout son camp derrière lui.
Mais le temps joue contre François Fillon parce que le soupçon s'installe chaque jour un peu plus dans l'opinion et parce que la patience de ses amis à droite a des limites.
"C'est moi ou le chaos", c'est ce qu'il leur a dit, l'ancien Premier ministre pour resserrer les rangs.
C'est vrai, si François Fillon renonçait, la droite se transformerait illico en pétaudière. À trois mois de la présidentielle, c'est évidemment interdit.
Voilà pourquoi la candidature Fillon tient encore mais elle ne tient qu'à ce fil. Jusqu'au moment où les ténors de la droite vont décider que finalement le chaos, ça vaut peut-être mieux que François Fillon.