Débat de la primaire : Valls mis en cause sur sa politique d'accueil des migrants

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Alors que l'affrontement n'avait pas eu lieu lors du premier débat, la politique d'accueil de Manuel Valls a été mise en cause hier soir lors de la seconde manche.

Revenons sur le débat d’hier soir avec David Doukhan.

Plus vivant que la dernière fois, avec notamment un règlement de compte sur l’attitude qu’a adoptée la France face à la crise des migrants.

Oui, parce qu’avec ce sujet on touche à l’identité de la gauche. Savoir si il faut baisser les charges des entreprises, faire de la rigueur budgétaire ou au contraire augmenter les dépenses publiques, ce sont des débats au sein de la gauche mais ça ne remet pas en cause l’identité d’un homme ou d’une femme de gauche. La question de l’accueil au contraire c’est viscéral, ça ne souffre pas le débat. Voilà ce qu’ont bien perçu Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Vincent Peillon. Quand ils rappellent ce moment à Munich lorsque Manuel Valls fustigeait l’erreur historique d’Angela Merkel, en fait ce qu’ils disent c’est : "Manuel c’était ta transgression de trop, par elle tu as quitté la famille, par elle tu n’es plus de gauche !". Manuel Valls est en désaccord total là-dessus. Sa réponse est, elle aussi, une réponse sur l’identité de la gauche. Tout son parcours politique vise à démontrer qu’on peut être de gauche tout en étant responsable, ferme, y compris sur la question de l’accueil. Voilà pourquoi c’est sur ce point précis que l’explication virile a eu lieu, parce que c’est un désaccord sur l’identité même de la gauche.

En fait, on a vu hier soir le tout sauf Valls ?

Oui, le fait que Vincent Peillon soit, hier soir, celui qui a le plus cogné Manuel Valls n’est pas une bonne nouvelle pour lui. Ça promet une équation de second tour compliquée. Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon n’apporteront pas leur soutien à Manuel Valls. À l’écoute du débat d’hier soir on peut se dire que Vincent Peillon non plus ! En gros, si Manuel Valls n’arrive pas largement en tête au premier tour, le danger ce serait que se forme un front anti-Valls.

Question rituelle, qui a gagné et qui a perdu ?

Manuel Valls donc toujours ciblé a parfois laissé passer des signes de crispations ou d’agacement, alors que l’on sait qu’il s’était donné pour consigne de ne surtout pas répondre.

Vincent Peillon a marqué des points, il est très à l’aise sur ces sujets de gauche, il en parle bien, et il a su être offensif sans être agressif. Arnaud Montebourg, lui est toujours un peu effacé, c’est un mystère, il se retient au risque parfois de sembler absent, et puis il a prononcé deux lapsus hier soir "fraude" au lieu de "fronde" et puis "école primé" au lieu "d’école privée". Au final, celui qui s’en sort bien malgré son penchant à toujours sombrer dans de longs tunnels techniques, c’est Benoît Hamon, il apparaît toujours très en avance sur toute une série de sujets, par exemple hier l’écologiste, François De Rugy lui a donné plusieurs satisfécits, ce qui peut payer électoralement.