Coup de semonce de Macron : le grand nettoyage a commencé

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Au surlendemain du second tour des élections législatives, Soazig Quemener nous livre son édito politique.

Coup de semonce de Macron : le grand nettoyage a commencé

Hier après-midi sans prévenir, la foudre a frappé depuis l’Élysée. Notre Jupiter national a décidé d'exfiltrer le gênant Ferrand du gouvernement pour en faire le président du groupe la République en marche.
D’éloigner ce proche parmi les proches menacé par les affaires. Au passage, on le rappelle, un président de groupe est censé être élu par les députés et pas nommé par le président. Et devaient rester au gouvernement les ministres réélus et non mis en examen. D'ailleurs le remaniement devait être technique. Mais qu'importe, et c’est le message que veut faire passer Macron : quand on s'appelle Jupiter, on a bien le droit d'organiser son Olympe, comme on le veut et surtout quand on le veut.

Mais est-ce que cela va s'arrêter là ?

C’est la question sur toutes les lèvres. Depuis vendredi la rumeur enfle du départ d’un François Bayrou qui a bravé l’autorité du premier ministre. D’un garde des Sceaux qui ne savait pas selon sa propre expression "vivre avec un bœuf sur la langue" et qui s’est mis tout seul en première ligne dans une affaire bien gênante là-aussi, celle des assistants parlementaires européens du MoDem.
Au moment où je vous parle, François Bayrou n’a pas encore été frappé mais selon une méthode déjà éprouvée de mise en tension de la scène politique, le suspens court jusqu’à mercredi 18 heures. Dans le camp du Premier ministre, on se frotte les mains par avance. "C’est comme dans une entreprise, quand ça ne marche pas, on part. D’ailleurs, Il a déjà eu son chèque de départ". Il est ici question du financement public obtenu grâce aux 42 députés modem élus dimanche. Autour de 14,5 millions d’euros pour le quinquennat!

Et d’ailleurs que fait le Premier ministre pendant que le président foudroie ?

Lui aussi s’organise. Hier soir, lors d’une réunion secrète, il rencontrait des députes dits constructifs, les macron-compatibles de droite. En tout, ils pourraient être une vingtaine. Additionnés à des UDI, cela formerait un socle d'inconditionnels sur lesquels le Premier ministre pourrait s’appuyer. Mais cela permettrait aussi avec un groupe de taille équivalente, de marginaliser le MoDem qui n’est aujourd’hui plus considéré comme utile. On le pressent, la séquence post-législatives ne fait que commencer. Et elle sera sans états d’âmes.