Coup de gueule de Nicolas Dupont-Aignan : pourquoi TF1 a tort de ne pas accueillir tous les candidats lors du débat ?

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Pour le premier débat de la présidentielle, TF1 a souhaité invité que les candidats se trouvant au-dessus des 10 % dans les sondages.

La vidéo a été vue 10 millions de fois sur Youtube. Samedi soir, Nicolas Dupont-Aignan a quitté le plateau du 20h de TF1, obligeant la chaine à raccourcir son programme.

Motif ? le président de Debout la France est furieux que la chaine ne l’ait pas invité au grand débat qui aura lieu ce soir, où sont conviés Marine et les Quatre "on", Fillon, Macron, Mélenchon, Hamon, mais pas Dupont ! Ce dernier y voit un "viol démocratique" et une atteinte au pluralisme. Hélas pour lui, le Conseil d’État lui a donné tort, estimant que le principe d’équité était respecté.

Franchement, est-ce vraiment choquant ?

Ce qui est choquant est moins cette anecdote que la logique qui la sous-tend. Une élection présidentielle n’est pas une émission de télé réalité. Oui, sans doute qu’un débat à 10 est plus ennuyeux et fastidieux qu’un duel à deux. Mais l’exercice de la raison démocratique exige du temps et de l’équité, et peut être un plus d’ennui que de divertissement. D’ailleurs les débats de primaires à sept n’étaient pas ennuyeux. La preuve que c’est possible: France 2 organisera un mois plus tard un débat avec tous les candidats.

Une élection présidentielle n’est pas un supermarché, où il n’y aurait en vitrine que les produits "qui marchent". TF1 a argué, qu’il n’invitait que les candidats "au-dessus de 10%". La démocratie est une politique de l’offre, pas de la demande: ce ne sont pas les sondages qui doivent dicter les idées. Quand le sondage dicte la politique, c’est la politique qui meurt, c’est à dire la possibilité d’un discours qui ne soit pas le miroir des désirs mais les construisent.

Faire parler les petits candidats, n’est-ce pas inutile ?

Une élection présidentielle a deux tours. Et c’est la grandeur de la démocratie française de permettre que Philippe Poutou et François Fillon aient le même temps de parole l’espace d’un instant tous les cinq ans. C’est la grandeur de la France de ne pas se soumettre à des duels stéréotypés à l’américaine, où seuls deux grands candidats ont la parole. C’est la grandeur de la cinquième République, cette République si monarchique, de permettre ces "petits" candidats, d’ajouter leur pierre à l’édifice démocratique. Laissons les parler !