Congrès: Macron en quête de confiance

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Le héraut du nouveau monde élu face à Marine Le Pen avec un fort taux d’abstention ne nie rien de la fragilité des conditions de son élection.

La question de confiance au sens constitutionnel sera posée aujourd’hui à l’Assemblée nationale, à l’issue du discours de politique générale du premier ministre Edouard Philippe. Mais c’est celle des Français que cherchait hier Emmanuel Macron devant le Congrès à Versailles. C’est écrit en filigrane dans les 46 pages de son discours : le héraut du nouveau monde élu face à Marine Le Pen avec un fort taux d’abstention ne nie rien de la fragilité des conditions de son élection. Selon lui, "les Français ne sont pas animés par une curiosité patiente mais par une exigence intransigeante".

Et comment compte-t-il répondre à cette exigence ?

Emmanuel Macron nous a donné le mode d’emploi hier : il va s’atteler presque scolairement à respecter à la lettre les promesses déroulées pendant sa campagne, comme la réduction du nombre de parlementaires ou l’introduction d’une dose de proportionnelle.

Mais comme il n’est pas interdit d’être prudent, il nomme déjà les boucs émissaires vers lesquels il pourra si nécessaire détourner la vindicte populaire.

A commencer, un classique, par ses deux prédécesseurs. Je vous laisse deviner à quel président Macron pense quand il évoque les "années immobiles" et "les années agitées".  Les journalistes sont aussi une cible facile. Il les appelle à en finir je cite "avec cette recherche incessante du scandale, le viol permanent de la présomption d’innocence." Ça, c’est pour les affaires. Il a également un mot doux pour ses adversaires, au premier rang desquels Jean-Luc Mélenchon. "Nous devons nous placer au-delà de la stérilité de ces oppositions purement théoriques, qui si elles garantissent de beaux succès de tribune, n’apportent rien."
Est-ce selon vous le discours d’un pouvoir serein ? 
Pas tout à fait Samuel. C’est ce que montre Macron lui-même quand il supplie presque ses compatriotes de faire corps avec lui contre le "cynisme" ou ce qu’il appelle "la lèpre de l’esprit du moment. La semaine dernière, à ce même micro, le philosophe Marcel Gauchet utilisait pour qualifier cette période inédite un délicat oxymore, "l’incertitude rassurante". Selon un sondage Kantar Sofres pour le Figaro magazine publié jeudi dernier, 54 % de nos compatriotes font aujourd’hui confiance au chef de l’Etat soit une chute de 3% en un mois. Comme si les Français, toujours très incertains, demandaient encore à être rassurés.