Bayrou : le MoDem en état de marche

  • A
  • A
L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
Partagez sur :

À seulement quelques jours du premier tour des élections législatives, Bruno Jeudy nous livre son édito politique.

Dimanche premier tour des législatives et si l’on croit les derniers sondages, la République en marche et son allié du MoDem sont partis pour faire un carton. Pour François Bayrou, c’est une sacrée résurrection ?

Absolument. Un miracle même pour un homme politique dont on a annoncé la mort politique en 2002, 2007 et 2012 après ses mauvais choix et surtout ses déboires justement aux élections législatives successives. Il faut avoir en tête que lorsque François Bayrou prend la présidence de l’UDF de Valéry Giscard d’Estaing en 1998, son parti compte 114 députés. En 2002, le groupe fond à 29 et encore la plupart rejoindront l’UMP. En 2007, ils sont 4. Puis, un seul en 2012. Et, encore, ce dernier des mohicans s’appelle Jean Lassalle et finira par quitter l’UDF devenu entre le Modem.
En 2017, les sondages promettent entre 15 et 30 députés MoDem. De quoi reconstituer un groupe même s’ils devraient siéger au sein de la majorité de La République en marche.
 
Des troupes à l’Assemblée nationale, trois ministres au gouvernement. François Bayrou sera l’homme fort de cette majorité pléthorique ?
 
L’homme fort, on verra à l’usage. Mais c’est vrai qu’il sort comme l’un des grands gagnants de la séquence au cours de laquelle Macron aura dégagé tous les anciens ou presque. Dans un éclair de lucidité inattendu, François Bayrou, 66ans, a jeté l’éponge présidentielle à temps et évité le combat de trop. Il a rallié Macron au moment où la campagne de ce dernier connaissait un coup de mou. Il a ensuite pu tirer les marrons du feu en faisant croire qu’il avait offert la victoire. Dans l’entre deux tours, le Béarnais a poussé un coup de gueule pour obtenir plus de circonscription. Roublard et bon maquignon, il a tordu le bras à Macron en ouvrant un conflit public avec Richard Ferrand, le patron des marcheurs. Bayrou a gagné une place à part au sein de cette majorité.
 
Mais Bayrou qui critiquait l’UMP parti unique de la droite ne dit rien de La République en marche ?
 
Et oui. Mais François Bayrou a perdu la mémoire. Il vous dira que ce parti central rassemble les gens de bonne volonté. Que le MoDem sera, comme le dit son ami Jean-Louis Bourlanges, le parti charnière de la future majorité présidentielle. Au fond Bayrou a surtout oublié ses critiques d’antan. Et préfère surtout voir qu’après une longue traversée du désert, il est en train d’effacer tous les reproches qui lui faisaient ses amis centristes depuis sa première candidature à l’Élysée il y a 15 ans. Mais qu’importe, après avoir évité le naufrage à multiples reprises, le Béarnais marche aujourd’hui sur l’eau.