Après la gauche, Macron prépare son hold-up à droite

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Emmanuel Macron, qui pèse très fortement sur la primaire de la belle alliance populaire, est aussi en train de réaliser un hold-up sur la droite.

Emmanuel Macron, qui pèse très fortement sur la primaire de la belle alliance populaire, est aussi en train de réaliser un hold-up sur la droite.

Oui, Emmanuel Macron comptait déjà de nombreux nouveaux amis à droite, comme les anciens ministres Renaud Dutreil et Serge Lepeltier. Mais un petit détour par la Maison de la Mutualité m’a permis de comprendre qu’un mouvement plus large était en train de se mettre en place.
Ce samedi matin, c’était jour de conseil national chez les Républicains, dans une ambiance, disons-le, plutôt morose. Les cadres sarkozystes ne se consolent pas d’avoir perdu leur chef bien aimé. Quant aux Juppéistes, ils aimeraient des inflexions dans le programme de François Fillon. Alors quand on est mécontent, forcément, on a envie de regarder ailleurs.

Vous êtes en train de nous dire que vous avez rencontré des "macronistes" chez les Les Républicains?

Oui samedi, au cœur du réacteur des Républicains, j’ai rencontré par exemple un jeune élu francilien. Il était dans l’équipe de campagne d’Alain Juppé. Il a été contacté par le staff de Macron. Et pas n’importe quand : la veille du second tour de la primaire de droite que l’on savait déjà perdue pour le maire de Bordeaux
Ce jeune élu n’a pas encore franchi le Rubicon mais il hésite fortement.
Ce même samedi, un ancien employé au siège du parti les Républicains, m’explique que rue de Vaugirard quelques-uns sont en train de se "macroniser" à vue d’œil. "C’est devenu le nouveau vote de contestation, moins risqué que le vote Le Pen", assure-t-il. On n’aime pas Fillon, on vote Macron !
Un début d’hémorragie qui se voit aussi sur les réseaux sociaux. Des comptes Twitter avec le hastag NS 2017 sont devenus SPF pour sans parti fixe. Avant de passer sous la bannière En Marche.

Macron peut difficilement devenir à la fois le candidat d'une partie des Républicains et d'une partie du PS. À moins de réussir le vieux rêve de Bayrou.

Oui, voilà enfin l’extrême centre ! C’est tout le paradoxe : pour réussir ce rapt total d’électeurs et de soutiens dont rêvait Bayrou, il faudra que Macron réussisse à terme à apparaître comme le candidat libéré de la droite mais aussi du PS.
Et c’est là que l’on comprend que les soutiens récents de certains Hollandais handicapent Macron !
Il doit jouer les funambules et éviter à tout prix de se transformer en un candidat de substitution à l’ancien président de la République.
On en revient alors à notre élu francilien les Républicains qui promet, "Macron, je le suivrai, sauf s’il devient le candidat du PS".