À droite, le calice jusqu’à la lie ?

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L'édito politique de 6h20 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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À quelques jours du second tour des élections législatives, Bruno Jeudy nous livre son édito politique.

Avec 21,5% des voix recueillies au premier tour, la droite a pris la vague Macron en pleine face. Et le pire est à venir avec le second tour. Il s’agit maintenant de sauver les meubles ?
 
Il y a un mois François Baroin, chef de file de la campagne, avait engagé la campagne avec l’espoir d’imposer une "cohabitation". Certes, il n’y a jamais beaucoup cru. Mais, lui comme les dirigeants des Républicains et de l’UDI ne croyaient pas subir un tel revers. 21,5% au niveau national, plus de 10 points derrière la République en marche : Le match est plié.
La droite encaisse son plus mauvais score de la Ve République. A l’image de son pire résultat à la présidentielle avec la terrible élimination de François Fillon avec un peu plus de 20%.
D’ici dimanche, la droite va donc tenter de sauver les meubles. Les projections prévoient un groupe LR-UDI de 85 à 120 sièges, c’est à dire deux fois moins que dans l’Assemblée sortante. Et, encore, ça pourrait être pire…
 
La droite pourrait boire le calice jusqu’à la lie ?
 
Absolument. Après avoir achevé le PS dimanche dernier, Emmanuel Macron s’apprête à briser la droite. A Matignon, les projections en sièges sont bien plus pessimistes : on prévoit de 60 à 80 sièges, au mieux, avec seulement une trentaine de circonscriptions d’acquises avec certitudes !
Pire : ce groupe famélique de députés Républicains devrait se scinder en deux : d’un côté les Républicains Macron-compatibles réunis autour de Thierry Solère, proche d’Édouard Philippe et, de l’autre, les Républicains qui ne voteront pas la confiance au Premier ministre qui resteront autour de Christian Jacob.
 
Le parti Les Républicains peut-il survivre à cette double débâcle électorale ?
 
Ce sera évidemment difficile mais les Républicains reste un parti d’alternance, très malade qui va encore beaucoup souffrir mais qui finira par se relever.
Le défi, c’est de rester uni et de se trouver un chef.
Le parti aurait pu exploser, Samuel, après la présidentielle. François Baroin a préservé, au moins, une unité de façade pendant ce mois de campagne législative. Le chiraquien a su garder dans le giron sarkozystes et fillonistes. Il s’apprête à tirer sa révérence. En privé, il confie "si je n’y étais pas allé, on faisait 14% comme le FN". Ce qui n’est peut-être pas faux. La droite va devoir maintenant se réinventer. Un des prétendants à la direction de la droite le confie : "Dans notre malheur, on a les mains libres. Y a plus rien. On est face à une page blanche. C’est presque plus facile".