Nucléaire : les Suisses votent la fermeture de leurs cinq réacteurs

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Le zoom éco est une chronique de l'émission Europe matin
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Alors que la position de la France reste plutôt partagée, les Suisses ont voté à 58% la sortie du nucléaire.

Les Suisses votent à 58 % pour la Sortie du nucléaire alors qu’en France, on veut simplement réduire la part de l'atome.

Il y a beaucoup de nucléaire en Suisse ?

Ça représente 35% de l'électricité en Suisse contre 75% en France.
Les Suisses ont donc voté pour la fermeture progressive de leur cinq réacteurs nucléaires à partir de 2019.
D'autres pays ont fait le même choix comme l'Allemagne, la Belgique ou l'Italie.

Et, en France ? On a une position ambiguë sur le nucléaire.

On a d'un coté, Nicolas Hulot (Ministre de la Transition écologique) qui nous dit que le nucléaire est une énergie du passé.
Et de l'autre côté, Emmanuel Macron (Président de la république) qui nous dit que le nucléaire est une énergie d'avenir.

Comment on s'en sort ?

Ça donne une politique assez peu lisible.
D'une part, on ferme Fessenheim, c'est notre coté "Nicolas Hulot". Une décision validée par Emmanuel Macron.
Et de l'autre, on construit à Flamanville dans la Manche, l'EPR (le plus gros réacteur nucléaire du monde) d’une puissance 1600 mégawatt. Ça c'est notre côté : Le nucléaire, c'est l'avenir.

Sauf qu’économiquement, ce n'est pas très rationnel.
Puisque l'on ferme Fessenheim, une centrale qui a été entièrement rénovée, et qui produit de l'électricité pour pas cher.
Alors que le nouveau réacteur EPR à Flamanville, n’est pas loin d'être un fiasco industriel avec déjà cinq ans de retard et une facture qui s'envole.
En gros, on ferme quelque chose qui marche et on ouvre quelque chose qui ne marche pas.

Et pour EDF ? Ça donne quoi ? C'est compliqué à gérer ?

EDF est totalement dépendant de ces injonctions politiques qui ne sont pas toujours très claires, on l'a vu la semaine dernière.
La nomination d'Édouard Philippe à Matignon, ancien cadre d'Areva, a fait s’envoler l’action d’EDF de 6%.
Deux jours plus tard, Nicolas Hulot arrive au gouvernement et l'action EDF dévisse de 6%.
C'est sûr, ce n 'est pas fantastique pour gérer un groupe de 150.000 salariés.