L'étonnante santé des banques françaises

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Le zoom éco est une chronique de l'émission Europe matin
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Contrairement à ses voisines européennes, les banques françaises affichent de larges profits sur 2016.

Les six premiers groupes bancaires français ont dégagé plus de 23 milliards de profits l'an dernier.

Cette vitalité tranche avec la crise que traverse les autres banques européennes.

Ce matin, on apprend que la DeutschBank, la première banque allemande appelle à l'aide et va devoir lever huit milliards d'euros d'argent frais pour renflouer ses caisses, après ses déboires aux États-Unis, notamment dans les subprimes.
En Italie, le gouvernement a dû voter, dans l'urgence, la création d'un fond public de 20 milliards d'euros pour sauver ses banques.
Même en Grande-Bretagne, la Royal Bank Of Scotland, qui a du etre nationalisée, vient d'afficher une perte abyssale de huit milliards.
Chez nous, rien de tout ça ! Nos banques sont en pleine forme.

Comment s'explique cette santé des banques françaises ? C'est parce qu'elles nous facturent beaucoup de commissions ?

Tout le monde fait pareil. Non, le secret des banques françaises, c'est qu'elles sont "ennuyeuses".
Il y a une formule dans la banque : pour réussir, il faut être "modeste et ennuyeux". Petits crédits, petites commissions, mais à la fin : gros profits.
Contrairement aux banques Allemandes qui sont allées jouer les "golden boys" à Wall Street et contrairement aux banques italiennes, qui sont polluées par leur proximité avec le monde politique.

En France, on a retenu la leçon du Crédit Lyonnais : pas de politique et pas de folie des grandeurs.

C'est cocasse de voir les banques françaises en pleine forme, au terme du quinquennat de François Hollande.
On se souvient de son fameux : "mon véritable adversaire : c'est le monde de la finance"

Réjouissons-nous d'avoir des banques en forme au moins, on n'a pas à mobiliser d'argent publique pour les renflouer.
Des banques en forme, c'est l'assurance que les entreprises peuvent se financer.
En ces temps de Brexit, c'est un excellent argument commercial pour dire aux banques internationales installées à Londres "Venez en France, on ne s'y trouve pas si mal".