Le déficit du commerce extérieur augmente, bonne nouvelle ?

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Le zoom éco est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Les mauvais chiffres de la balance commerciale française cachent peut-être une modernisation des entreprises.

Mauvaise surprise pour notre commerce extérieur : les comptes se dégradent à nouveau avec un déficit de 48 milliards d'euros l'an dernier.

De quoi s'agit-il ?

La balance commerciale, c'est la différence entre ce qu'on exporte et ce qu'on importe : entre ce qu'on vend et ce qu'on achète à l'étranger.  Et depuis des années, on est dans le rouge mais, ça va mieux. Enfin, ça allait mieux. En 2011, le déficit était de 75 milliards, et chaque année, il se résorbait. Mais en 2016, ça dérape à nouveau : le déficit augmente de 46 à 48 milliards d'euros.
 
Enfin, ce n'est pas énorme comme dérapage
 
Mais, ce qui est inquiétant, c'est qu'avec la baisse des prix du pétrole, la facture pétrolière a diminué de huit milliards l'an dernier. Donc, mécaniquement, notre balance commerciale aurait dû se résorber de huit milliards. Ce n'est pas le cas.
 
Que s'est-il passé ? A l'export, c'est simple, on a trois points forts :les avions, tout ce qui est vin, champagne, céréales, cognac et enfin, le luxe - les parfums et la maroquinerie. Et bien, sur ces trois points forts. Deux ont été décevant, l'an dernier. Les avions : ce n'est pas grave. Il y a eu un décalage de livraison. Et puis, les céréales (le blé) on a moins exporté à cause d'une mauvaise météo.
 
Du côté des importations, on continue d'importer massivement, notamment des voitures fabriquées en Allemagne. Mais, il y a autre chose que nous importons d'Allemagne et c'est peut-être la bonne nouvelle dans ces mauvais chiffres. Nous achetons aux Allemands, plus de machine-outil, plus d'équipement mécanique. C'est peut-être le signe qu'enfin, nos entreprises (qui ont retrouvé des marges de manœuvre, grâce aux baisses de charges) sont en train de se moderniser, d'investir pour monter en gamme pour ensuite gagner des parts de marché à l'export.
 
Donc, cette hausse des importations n'est pas forcément une mauvaise nouvelle.
 
Elle annonce peut-être une modernisation de nos entreprises qui demain seront plus performantes sur les marchés extérieurs.