Fermeture de Fessenheim : une décision attendue demain

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Le zoom éco est une chronique de l'émission Europe matin
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Le Conseil d'Administration d'EDF se réunit demain pour statuer sur la fermeture ou non de Fessenheim.

François Hollande va-t-il essuyer un camouflet avec la fermeture promise de la Centrale nucléaire de Fessenheim ?

Le Conseil d'Administration d'EDF se réunit demain et pourrait bien ne pas suivre les injonctions du Chef de l'État.

Ça fait cinq ans que ça dure mais ça y est le feuilleton Fessenheim devrait toucher à sa fin puisque demain, les administrateurs d'EDF devront voter pour ou contre la fermeture.

Mais enfin, l'État est majoritaire chez EDF (85 %) ! Il fait ce qu'il veut non ?

C'est le Conseil qui est souverain.
Vous avez raison, au sein du Conseil d'Administration d'EDF, il y a des représentants de l'Etat mais ils n'ont pas le droit de voter car il y a conflit d'intérêt puisque précisément, ils sont du coté de l'État qui veut fermer Fessenheim.
Donc, ne pourront voter que les six administrateurs salariés et les six administrateurs indépendants.

Comment vont-ils voter ?

Suspense ! Figurez-vous que les six représentants des salariés ( CGT, CFDT) sont tous contre la fermeture.
Il suffit donc qu'un seul administrateur indépendant vote également contre la fermeture et Fessenheim ne fermera pas.
Et selon des "on dit" qui circulent, le "non" pourrait bien l'emporter demain.

Ce serait terrible pour François Hollande, ça serait le signe de son impuissance ?

C'est pour cela qu'en fait, pour sauver les apparences et ne blesser personne, les administrateurs ne vont pas voter contre la fermeture mais ils vont voter pour un report de la décision par exemple, en juin prochain, après la présidentielle.

Mais enfin, la France est engagée dans la transition énergétique ! L'idée, c'est bien de sortir du "Tout nucléaire" pour aller vers les énergies propres ?

Oui, mais avouez, que la politique du gouvernement n'est pas très lisible.
D'un coté, on nous dit le "nucléaire n'a pas ou peu d'avenir". De l'autre, on met sept milliards d'euros d'argent public dans Areva et EDF pour développer l'EPR, le nouveau réacteur nucléaire de 3e génération que l'on construit à Flamanville et que l'on veut exporter dans le monde entier.
Et puis, pourquoi Fermer Fessenheim, qui est certes la plus vieille centrale mais qui a été modernisée, au point d'être selon l'Autorité de Sureté Nucléaire, l'une des plus sécurisée du pays ? Résultat, il va falloir dépenser, au bas mot, 400 millions pour dédommager EDF.
On comprend que les salariés se battent, ils font même de la pub dans les journaux, pour ne pas qu'on ferme leurs centrales, qui fonctionne.
Réponse demain avec le Conseil d’Administration d'EDF.