Emmanuel Macron supprime l'ISF sans le dire

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Le zoom éco est une chronique de l'émission Europe matin
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Le candidat à la présidentielle envisage de ne garder dans l'ISF que l'immobilier et d'en sortir tout ce qui concerne l'entreprise.

Emmanuel Macron veut vider l'ISF de sa substance mais en douce. Le sujet est sensible. Politiquement, c'est un totem soutenu par plus de 70 % des Français. 

Fuites. Mais, économiquement, c'est un poison. Pour éviter de le payer, selon les chiffres de la fondation Concorde, quelque 12.000 familles sont parties, ont quitté la France, des familles riches, représentant 400 milliards de capital, soit l'équivalent des quatre plus grosses entreprises françaises du CAC 40 : Sanofi, Total, l'Oréal et LVMH. L'ISF est aussi nuisible pour les grosses entreprises familiales qui s'épuisent à payer à cet ISF plutôt que d'investir et finissent par vendre, souvent à des groupes étrangers. On constate donc un double départ : celui des patrimoines et celui de créateurs d'entreprises.

Concrètement, que propose Emmanuel Macron ?

Son ambition est de sortir de l'ISF tous ce qui concerne l'entreprise, tous les investissements en action. Ne resterait plus dans l'ISF que l'immobilier, ce qui a un double avantage : il est par définition immobile. Il n'y a donc plus de risque de fuite. Et para ailleurs, politiquement, l'ISF existe toujours même s'il s'agit d'un ISF light, qui ressemble plutôt à un super impôt foncier sur le patrimoine immobilier supérieur à 1,3 million. Emmanuel Macron se justifie en expliquant vouloir frapper la rente plutôt le risque. La rente, c'est l'immobilier, le risque c'est l'entreprise.

Cet ISF "light" va rapporter beaucoup moins d'argent ?

Aujourd'hui, l'ISF rapporte un peu plus de 5 milliards d'euros par an. Ses recettes seraient divisées par deux. Mais, Emmanuel Macron en attend un bénéfice en terme d'activité, avec le retour - espéré - en France des grandes fortunes et des créateurs d'entreprises.