Corée : l'économie du pays menacée après l'arrestation du patron de Samsung

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Le zoom éco est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Alors que Samsung pèse 20% de l'économie coréenne, l'arrestation de son patron risque de faire basculer l'économie de tout un pays.

Le patron de Samsung dort en prison depuis vendredi. Il est apparu menotté et ligoté à la télévision coréenne.

C'est un choc pour tout le pays qui menace même l'économie coréenne.

Il faut savoir que Samsung, c'est l'équivalent de 20% de l'économie coréenne.
Le patron (l'héritier) Lee Jay Yong a été arrêté vendredi matin pour une affaire de corruption. C'est cette même affaire d'ailleurs qui a fait chuter la Présidente de Corée en décembre dernier.
Après le choc politique, c'est maintenant le choc économique puisque le pays est parfois surnommé la "République Samsung".

Samsung est une entreprise tentaculaire créée en 1938 et qui vendait à l’origine du poisson séché.
De fil en aiguille, on est arrivé à ce géant, le numéro un mondial de l'électronique, avec notamment les smartphones; mais aussi l’hôtellerie, la construction navale, le textile, l'assurance, la chimie et l'armement. En tout, il y a près de 60 filiales qui ont porté le développement économique de la Corée, qui était un pays du tiers monde dans les années 50 et qui est aujourd'hui, la Onzième économie mondiale.

L'arrestation du patron de Samsung peut maintenant faire chuter l'économie coréenne ?

C'est la fin de ce modèle de conglomérat type Samsung puisqu’il y a également désormais Hyundai, Daewo ou LG.
En Corée, 10 entreprises pèsent 80% de l'économie du pays et elles fonctionnent toutes de la même façon.

C'est à dire ? Comment fonctionnent ces conglomérats ?

Avec une organisation quasi militaire ou personne ne conteste le chef. Ça a très bien marché jusqu’ici mais ça ne marche plus.

Sur le plan managérial, on l'a vu avec l'affaire du Smartphone Galaxy 7, qui explosait tout seul.
Que s'est-il passé ? Le modèle n'était techniquement pas au point, mais personne n'a osé contesté l'ordre du grand patron qui exigeait que l'appareil sorte fin août, avant l'iPhone 7 d'Apple, d’où la catastrophe industrielle.

Sur le plan sociétal, cette organisation clanique ne fonctionne plus. Les jeunes Coréens ne supportent plus les magouilles et la corruption de ces conglomérats et du monde politique.

Donc, oui, c'est un virage très délicat à négocier pour la Corée du Sud.
La fin de ces géants tentaculaires, certains évoquent déjà un démantèlement de l'empire Samsung, pour laisser plus de place aux initiatives individuelles et aux start-up qui sont aujourd'hui totalement étouffées en Corée du Sud.