Clause "Molière" : pourquoi imposer le français sur les chantiers ?

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Le zoom éco est une chronique de l'émission Europe matin
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La région Ile de France intègre à son tour la "clause molière" sur ses marchés publics.

La région Ile de France intègre, à son tour, la "clause molière" sur ses marchés publics.
Il s'agit d'imposer le "Français" sur le chantiers.

Pourquoi cette clause ? L'objectif c'est de lutter contre les travailleurs détachés ?

Officiellement, c'est pour des raisons de sécurité.
On demande aux travailleurs de parler français sur les chantiers pour qu'il y ait une bonne communication, plus fluide.
Mais, officieusement, bien sûr, l'objectif c'est de lutter contre le phénomène des travailleurs détachés qui a explosé ces dernières années.
En tout, ils seraient plus de 500.000 en France. Des travailleurs venus de Pologne, du Portugal ou de Roumanie, qui acceptent de conditions de travail plutôt spartiates dans les bâtiments, les travaux publics ou l'agriculture et qui ne comptent pas leurs heures.

Second avantage pour l'employeur : Vous payez les charges sociales non pas en France mais dans le pays d'origine et en Pologne ou en Roumanie, elles sont plutôt plus basses. C'est légal puisque c'est l'Europe, d'où l'introduction de cette "clause molière" dans les chantiers public pour éviter les abus.

Mais, c'est de la discrimination ! Demain, on va exiger que les Français parlent "allemand" pour travailler en Allemagne ?

Le risque c’est l'engrenage.
Ça commence déjà puisque l’on sait qu'en Belgique, il y a des velléités pour exiger qu'on parle le Flamand. Une façon d'écarter les francophones, réputés moins travailleur.
Attention, à ce petit jeu, les Français seraient victimes. Car, nous aussi, nous avons nos travailleurs détachés. 140.000 Français travaillent dans des métiers qualifiés sont plutôt bien payés en Belgique, Allemagne ou au Royaume Uni.
En fait, la solution, et c'est celle qui est en cours, ce serait de revoir et de durcir cette législation européenne sur les travailleurs détachés, visiblement détournée. Plutôt que de rétablir, de fait, les frontières avec cette "clause Molière".